L’Espagne vise les 100% d’énergies renouvelables en 2050

Le nouveau projet de loi espagnol se positionne clairement en matière d’énergies renouvelables et de neutralité carbone. [Shutterstock]

Le gouvernement espagnol vient de publier un nouveau plan pour le climat qui voit loin. Il cible l’objectif de 100 % de renouvelables d’ici 2050.

Madrid a plus d’ambition que l’UE. Avec une électricité 100 % renouvelable d’ici 2050 et une interdiction d’exploiter tout nouveau site gazier ou pétrolier, son plan pour le climat va beaucoup plus loin que les objectifs de la Commission.

Présenté le 13 novembre par le gouvernement socialiste espagnol, dont la ministre de l’Environnement, Teresa Ribera, fut directrice du think-tank de l’IDDRI, le projet de loi vise les horizons 2030 et 2050. Les autres pays de l’UE, à la traîne, commencent à peine à rédiger les leurs sur ordre de la Commission.

L’Espagne, cinquième économie d’Europe, veut produire 70 % de son électricité à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030, avant de dépendre à 100 % de l’énergie éolienne, solaire et hydraulique entre autres, d’ici le milieu du siècle.

Pour James Watson, de l’association industrielle SolarPower Europe, « il est enthousiasmant de voir l’Espagne donner le ton dans son engagement en faveur d’un avenir énergétique 100 % renouvelable ». Il assure que l’on pourra « faire tourner de grandes économies rien qu’avec les énergies renouvelables dans un futur proche ».

Le Portugal dépasse les 100% d'énergie renouvelable

En mars, le Portugal a produit plus d’énergie renouvelable qu’il n’en a utilisé. Pourtant, faute d’interconnexion entre le pays et le reste de l’Europe, le surplus n’est pas utilisé.

En 2016, l’Agence internationale de l’énergie a indiqué que la demande d’électricité de l’Espagne était déjà comblée en grande partie par des sources d’énergie renouvelables, soit 23 %, suivies de près par le nucléaire, qui fournit un peu plus de 20 % de l’énergie totale.

Rendre le secteur de l’électricité plus vert, c’est aussi viser à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. L’Espagne l’a bien compris puisqu’elle compte les diminuer d’au moins 20 % d’ici 2030 et de 90 % d’ici 2050. Les niveaux actuels dépassent de 17 % les niveaux de référence de 1990, ce qui se traduit en fait par une réduction de 37 % d’ici 2020.

Quant à la stratégie de réduction des émissions à l’horizon 2050, elle devrait permettre à la nation ibérique de s’orienter vers une économie neutre en carbone.

Laurence Tubiana, PDG de la Fondation européenne pour le climat, a déclaré que l’Espagne « montrait l’exemple à la Commission européenne ». L’UE est censée publier ses propres plans pour 2050 d’ici la fin du mois et pourrait en effet s’inspirer des décisions espagnoles.

En coulisse, la bataille pour le climat fait rage

Les projets climatiques à long terme de l’Europe sont mis en danger par les désaccords entre Etats membres et la peur de mener seule la bataille contre le réchauffement climatique.

Afin d’éliminer le charbon, le pétrole et le gaz, l’Espagne cessera également de délivrer des permis de prospection, interdira la fragmentation et supprimera les subventions aux nouveaux combustibles fossiles. Les investissements existants devront être revus, et au moins 20 % du budget national seront affectés à l’action contre le réchauffement climatique.

Le bruit court que le projet de loi sera soumis au parlement espagnol avant la fin de l’année.

Mieux que l’UE

Avec ce projet de loi, Madrid prouve qu’elle souhaite aller au-delà des objectifs adoptés dans le cadre du paquet énergie propre de l’UE, un ensemble de lois nouvelles et modernes qui régiront des aspects importants de la politique énergétique et climatique à l’horizon 2020.

En effet, eurodéputés, représentants nationaux et fonctionnaires de la Commission ont convenu que les États membres devraient contribuer à la réalisation d’un objectif européen de 32,5 % d’énergie renouvelable et de 32,5 % d’efficacité énergétique.

L’Espagne, conformément à son approche progressiste de la transition écologique, vise à atteindre un objectif de 35 % pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Les eurodéputés, réunis du 12 au 15 novembre à Strasbourg pour la session plénière mensuelle, ont déjà formellement approuvé ces nouvelles règles en matière d’énergie, ainsi que le règlement sur la gouvernance, ce qui constitue l’avant-dernière étape avant l’approbation finale du Conseil des ministres dans le courant de l’année.

En vertu des règles de gouvernance, les capitales de l’UE doivent soumettre leurs plans nationaux en matière d’énergie et de climat avant le 31 décembre 2019. Les États membres auront ensuite 18 mois pour transposer la loi sur l’efficacité énergétique en législation nationale.

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Les politiques publiques encouragent encore et toujours un modèle agricole tourné vers la production de viande et de produits laitiers. Un choix qui fait du secteur un des plus polluants.

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