Les renouvelables de plus en plus compétitives

L'éolien, une énergie produite à moindres coûts.

D’ici 2030, les énergies renouvelables, comme l’éolien et le solaire, seront les sources d’énergie les moins chères dans les pays du G20, estime une nouvelle étude. Un élément qui plaide pour ne pas renégocier l’accord de Paris.

A quelques jours du sommet du G20 qui aura lieu les 7 et 8 juillet, une étude révèle que depuis deux ans, les renouvelables sont au même prix, voire moins cher, que l’électricité provenant du charbon ou du nucléaire. En outre, d’ici 2030, les énergies renouvelables seront les sources d’énergie les moins chères dans les pays du G20.

L’enquête, menée par l’Université de Lappeenranta, en Finlande, et publiée par Greenpeace Allemagne, a calculé le coût de la production d’électricité dans les pays du G20 entre 2015 et 2030. Résultat ? Ce sont les champs d’éoliennes qui ont généré l’électricité la moins chère dans une grande partie de l’Europe, en Amérique du Sud, aux États-Unis, en Chine et en Australie. L’étude prédit également que les progrès techniques feront du solaire une énergie encore meilleur marché d’ici 2030 dans de nombreux pays.

Les énergies renouvelables battent de nouveaux records en Europe

Neuf dixièmes des capacités de production d’électricité créées en Europe l’année dernière provenaient de sources d’énergie renouvelable. Le continent se détourne ainsi rapidement des combustibles fossiles. Un article de notre partenaire, The Guardian.

« La protection du climat a de plus en plus d’intérêt au niveau économique dans les pays du G20, à mesure que les renouvelables deviennent moins chères que le charbon et le nucléaire », explique Tobias Austrup, spécialiste de l’énergie pour Greenpeace Allemagne.

« Tout pays du G20 qui investit toujours dans le charbon et les centrales nucléaires gaspille son argent dans une technologie qui, très bientôt, ne sera plus compétitive », insiste-t-il.

Lors d’un événement organisé par l’Institut français des relations internationales, le 4 juillet, Mario Pain, directeur adjoint à la direction de l’énergie du ministère français de la Transition écologique, interrogé sur l’avenir du système électrique français, a reconnu que « les renouvelables sont une partie importante de la solution ».

Il a cependant averti que la décarbonisation de l’économie européenne passerait par une augmentation des prix. « Les citoyens doivent accepter que c’est le prix à payer », a-t-il poursuivi, ajoutant que « certains pays, dont la France, ne sont peut-être pas prêts à cela ».

Le représentant du ministère a également confirmé que le nucléaire resterait un élément important du bouquet énergétique français, soulignant néanmoins que Paris avait pour objectif de faire passer le nucléaire de 75 à 70 % de la production d’ici 2030.

La mobilisation contre le nucléaire ne faiblit pas au Nord de la France

50 000 Belges, Allemands et Néerlandais ont formé une chaine humaine de 90 km de long pour manifester contre la centrale nucléaire de Tihange, jugée vétuste. Des micro-fissures ont récemment été découvertes dans l’un des réacteurs.

Mario Pain prévient aussi que les accords de l’UE sur les questions énergétiques, comme la réforme du système d’échange de quotas d’émissions (ETS), continueront d’être problématiques étant donné la dépendance économique et sociale de certains États membres vis-à-vis du charbon. Toutefois, « le charbon n’est pas un problème en France », a-t-il insisté.

Le 5 juillet, l’UE a déclaré à ses partenaires du G20 que l’accord de Paris ne serait pas renégocié suite à la décision du président américain Donald Trump de se retirer de l’accord international.

Dans son communiqué en vue du sommet à Hambourg ce week-end, Bruxelles insiste : « l’accord reste la pierre angulaire des efforts mondiaux pour lutter efficacement contre le changement climatique et mettre en place l’agenda 2030 pour le développement durable. Nous considérons que cela ne peut pas être renégocié ».

Concernant le retrait des États-Unis, l’expert de chez Greenpeace estime que la politique de Donald Trump en matière d’énergie est tout simplement mauvaise. « Les États-Unis ont d’excellentes conditions pour étendre leurs capacités éoliennes et solaires et des États comme la Californie, le Texas ou Iowa ne gâcheront pas cette occasion ».

L’UE appelle les villes à rejoindre la Convention des maires pour le climat

Maroš Šefčovič a appelé toutes les villes à rejoindre la Convention des maires pour le climat et l’énergie, une initiative qui a pris de l’importance depuis que Donald Trump s’est retiré de l’accord de Paris.

Fin juin, il semblerait toutefois que Donald Trump ait sauté dans le train des énergies renouvelables lorsqu’il a déclaré à une foule de l’Iowa que son administration envisageait d’installer des panneaux solaires sur le projet de mur entre le Mexique et les États-Unis.

Le président a déclaré que l’idée était « unique » et que cela signifierait que le mur « se rembourserait tout seul ». Depuis, les critiques ont fusé sur la volte-face de Donald Trump en matière de dépense à grande échelle du gouvernement et de sa position anti-renouvelables et sur le manque de faisabilité de la proposition.

 

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