Suspension du gaz russe : la Bulgarie et la Pologne approvisionnées par leurs voisins de l’UE

« Nous ferons en sorte que la décision de Gazprom ait le moins d'effet possible sur les consommateurs européens », a assuré la cheffe de l'exécutif bruxellois, Ursula von der Leyen. [Nor Gal / Shutterstock]

La Bulgarie et la Pologne sont désormais approvisionnées en gaz « par leurs voisins de l’UE », après la suspension des livraisons du russe Gazprom, a affirmé mercredi 27 avril la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

« Nous ferons en sorte que la décision de Gazprom ait le moins d’effet possible sur les consommateurs européens », a assuré la cheffe de l’exécutif bruxellois dans une brève allocution à la presse.

« La mesure prise par la Russie affecte la Russie elle-même. Le Kremlin fait mal à l’économie russe car ils se privent eux-mêmes de revenus importants », a-t-elle estimé.

La Bulgarie et la Pologne s’étaient déjà dites en mesure d’obtenir le gaz manquant par d’autres sources.

Mme von der Leyen a annoncé le projet de la présidence française du Conseil de l’UE de réunir « dès que possible » les ministres européens de l’Energie.

« Aujourd’hui, le Kremlin a échoué une fois de plus dans sa tentative de semer la division parmi les Etats membres », a-t-elle assuré, après une réunion du groupe de coordination européen pour le gaz.

Le géant gazier russe Gazprom a annoncé mercredi avoir suspendu toutes ses livraisons de gaz vers la Bulgarie et la Pologne, affirmant que ces deux pays membres de l’Otan et de l’Union européenne n’avaient pas effectué de paiement en roubles.

Le président russe Vladimir Poutine avait déclaré le mois dernier que la Russie n’accepterait le paiement des livraisons de gaz que dans sa monnaie nationale, en réaction aux sanctions prises pour punir l’offensive du Kremlin en Ukraine.

Les entreprises européennes acceptant de payer le gaz russe en roubles, comme l’exige Moscou, violeraient les sanctions de l’UE et s’exposeraient à un risque juridique « élevé », a averti Mme von der Leyen.

« Environ 97 % des contrats (entre des groupes de l’UE et les fournisseurs de gaz russe) prévoient des paiement en euros ou dollars (…) Les entreprises avec de tels contrats ne doivent pas céder à l’exigence de la Russie, ce serait contrevenir aux sanctions » imposées par les Vingt-Sept, a-t-elle ajouté.

Réduire la dépendance

La guerre en Ukraine a révélé la dépendance de l’UE au gaz russe qui représente globalement 45% de ses importations. Mais la présidente de la Commission a rappelé l’engagement des Vingt-Sept à supprimer rapidement cette dépendance « pour de bon et pour toujours ».

En déplacement au Chili, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a vu dans cette mesure une « incitation » à réduire « encore plus rapidement » la dépendance de l’Union européenne au gaz et au pétrole russes.

La dépendance énergétique « est allée trop loin et, Ukraine ou pas, il était temps de la réduire », a encore estimé M. Borrell, pour lequel la « décision de la Russie ne fera qu’accélérer la conversion de l’Europe aux énergies vertes qui ne créent pas de dépendance ».

Selon lui, « ce que la Russie fait aujourd’hui, c’est transformer la dépendance en un acte d’agression ». Pour Mme von der Leyen, « le Kremlin utilise les énergies fossiles comme instrument de chantage ».

« Nous nous sommes préparés à ce scénario », avait-elle réagi un peu plus tôt sur Twitter, en promettant « une réponse européenne coordonnée ». « Nous nous sommes efforcés de garantir des livraisons alternatives et les meilleurs niveaux de stockage possibles dans toute l’UE », avait-elle expliqué dans un communiqué.

La présidente de l’exécutif européen a jugé « injustifié et inacceptable » cet « arrêt unilatéral » des livraisons. « Cela montre une fois de plus le manque de fiabilité de la Russie en tant que fournisseur de gaz », a-t-elle affirmé.

Selon des responsables européens, les ministres de l’Energie de l’UE devraient se réunir lundi pour discuter de la situation.

L'Europe doit réduire sa dépendance à l'énergie russe sans faire flamber les prix préviennent les USA

Une interdiction par l’Europe des importations de gaz et pétrole russes risque de faire flamber les prix de l’énergie dans le monde, a averti jeudi 21 avril la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, appelant à réduire la dépendance européenne « sans pénaliser la planète entière ».

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