Transition énergétique : Paris mise sur l’énergie citoyenne

« À Paris, il y a un cadastre solaire. On a un potentiel très important pour produire de l’électricité et de la chaleur », selon Dan Lert, adjoint à la mairie de Paris, en charge de la transition écologique, du plan climat, de l’eau et de l’énergie. [Lalanta71]

À Paris, la coopérative citoyenne EnerCit’if va installer 14 centrales solaires d’ici la fin 2021. L’occasion de développer l’énergie citoyenne tout en accélérant  la transition énergétique en milieu urbain. 

L’énergie citoyenne permet avant tout de « donner aux citoyens la possibilité d’agir concrètement sur la transition énergétique », déclare Patrick Gèze, co-président d’EnerCit’if. 

En 2016, au moment du vote du budget participatif, les parisiens et parisiennes choisissent le projet « Quartiers populaires à énergie positive ». L’idée est de « produire de l’électricité ou de l’eau chaude de manière écologique et économique, pour lutter contre la précarité énergétique dans les quartiers populaires », selon la mairie de Paris. 

La coopérative d’énergie renouvelable Enercit’if est en charge du projet, financé à 60% par la mairie de Paris. 14 centrales solaires vont ainsi être installées dans la capitale. 

L’initiative écolo et engagée met en lumière l’action déterminante des citoyens dans la lutte contre le réchauffement climatique : « le rôle des pouvoirs publics est totalement déterminant, celui des entreprises également, mais il ne faut pas oublier celui des citoyens, nous tous. Il ne s’agit pas de dire que tout doit reposer sur les épaules des citoyens mais si tout le monde ne s’y met pas on va louper le coche », analyse M. Gèze.

En 2020, les énergies renouvelables ont détrôné les combustibles fossiles

Les énergies renouvelables ont généré 38 % de l’électricité européenne en 2020, contre 37 % pour le charbon et le gaz, devenant pour la première fois la source principale d’électricité en Europe.

100% d’énergie renouvelable en 2050

Le Plan Climat de la Ville de Paris vise la neutralité carbone en 2050 avec 100% d’énergie renouvelable et de récupération. « D’ici 2030 on doit être à 45 % d’énergie renouvelable dont 10 % qui sont produits localement. Aujourd’hui on est à 6 % », explique Dan Lert, maire adjoint à la ville de Paris en charge de la transition écologique, du plan climat, de l’eau et de l’énergie.

Avant d’ajouter : « Notre objectif, c’est la sobriété énergétique. La meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas. Nous voulons réduire de 50% la consommation énergétique du territoire, avec la rénovation énergétique massive des logements et le développement de mobilité propre. »

Pour atteindre ces objectifs, l’énergie citoyenne solaire apparaît comme une solution idéale. « À Paris, il y a un cadastre solaire. On a un potentiel très important pour produire de l’électricité et de la chaleur », affirme M. Lert. 

Les premières centrales thermiques parisiennes ont vu le jour à l’automne 2019, permettant l’alimentation de l’équivalent de 51 foyers, soit 127000 KWh/an. L’installation des nouveaux panneaux solaires répartis sur dix sites dans la capitale devrait permettre de produire 617000 KWh/an, soit l’alimentation de 244 foyers.

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Difficultés urbaines 

Si le projet a abouti à Paris, il n’était pas gagné d’avance. 

Première difficulté : en milieu urbain, le choix des énergies renouvelables est limité : « il n’y a que le photovoltaïque ou le solaire thermique. L’éolien, par exemple, ça ne peut qu’être en milieu rural », explique Patrick Gèze.  

À cela s’ajoutent les contraintes techniques liées à la ville : « ce sont uniquement des centrales sur toiture, on ne peut pas installer des panneaux solaires au sol ». 

Le co-président d’EnerCit’if souligne également une spécificité parisienne : « Plus de 95 % de la surface de la ville sont dans le rayon de protection d’un monument historique, avec des dispositions d’urbanisme particulières. On ne peut pas faire ce qu’on veut. » À l’image du patrimoine haussmannien, sur lequel « il est impossible de faire du photovoltaïque ».

Pour parer aux difficultés du milieu urbain, la ville de Paris a mis à disposition des toits de bâtiments municipaux : écoles, collèges, mais aussi logements sociaux. « Il y a 76 000 m2 de panneaux solaires déployés à Paris dont plus de 10 000 sur les bâtiments municipaux », précise Dan Lert. 

Dans les HLM, la ville mène une expérience : « L’énergie des panneaux va servir, non pas à être réinjecté totalement dans le réseau d’énergie, mais par exemple à chauffer l’eau pour une partie des résidents. Ce n’est pas une proportion encore très importante mais ce sont des premières expériences qui sont assez intéressantes », détaille l’adjoint à la mairie. 

Même si le défi de l’énergie citoyenne semble être sur la bonne voie, pour Patrick Gèze, « on va dix fois moins vite que ce l’urgence climatique l’imposerait ».

À Paris, la mairie sembler multiplier les projets pour allier citoyens et énergie renouvelable.  Un programme solaire proposera « plus de 10000 m2 de toitures de bâtiments de la ville qui vont être proposés sous forme d’appel à projets pour les acteurs qui voudraient installer des centrales solaires » dont l’électricité produite à terme permettra d’alimenter « l’équivalent de 800 logements à peu près par an, hors chauffage ». 

La création d’un opérateur publique pour dynamiser la production et la consommation d’énergie renouvelable à Paris est également envisagé pour 2022. 

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