Trois entreprises russes proposent de racheter des compagnies gazières grecques

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Alors que la Grèce surendettée vend bon nombre de ses biens publics, trois entreprises russes, dont Gazprom, ont fait une offre pour acquérir les entreprises gazières grecques DEPA et DEFSA. Au total, 17 entreprises issues de 12 pays se sont dites intéressées.

Si Gazprom ne parvient pas à acheter les entreprises gazières grecques, deux autres compagnies russes seront là pour l'aider à conclure l'affaire, a révélé aujourd'hui (3 avril) le quotidien russe Vedomosti.

Les « assistants » de Gazprom, comme les appelle Vedomosti, sont Sintez, une petite entreprise évaluée à 150 millions de dollars (112 millions d'euros) qui appartient à Leonid Lebedev, et le fonds d'investissement Energiya dirigé par Igor Yusufov, ancien ministre de l'énergie et actuel membre du conseil d'administration de Gazprom.

Les autres sociétés intéressées sont l'entreprise pétrolière publique de la République d'Azerbaïdjan (SOCAR), l'entreprise énergétique publique tchèque (CEZ), Edison et Eni en Italie, Enagas et Gas Natural en Espagne, l'entreprise de distribution du gaz chinoise ENN, le holding énergétique israélien Israel Corp., Mitsui au Japon, Sonatrach en Algérie, Vopak aux Pays-Bas, GEK Terna en Grèce et le consortium Mytilineos et Motor Oil (M2M).

La Grèce devrait obtenir 2 milliards d'euros de cette vente. DEPA, l'entreprise grecque de distribution du gaz, a été estimée à 1 milliard d'euros et DEFSA, une filiale de DEPA, est estimée à 500 millions d'euros.

Toutefois, en raison de l'importance stratégique de la Grèce en tant que route du corridor Sud pour le gaz, qui devrait acheminer du gaz en Europe à partir d'autres sources que la Russie, ces deux entreprises pourraient être vendues à un prix plus élevé.

DEPA, en tant que partie au consortium de l'Interconnecteur Turquie-Grèce-Italie (ITGI), n'a pas remporté le contrat pour le gisement de Shah Deniz II en Azerbaïdjan, dans la mesure où SOCAR a choisi le gazoduc transadriatique (TAP).  Les deux projets passent par le territoire grec (voir la carte).

Vedomosti a cité le PDG de Sintez, Andreï Korolev, affirmant que l'entreprise fonderait son offre sur des fonds empruntés. Il a ajouté que l'offre de sa société avait de meilleures chances d'être choisie que celle de Gazprom et SOCAR dans le cadre du troisième paquet Energie de l'UE, qui requiert le dégroupage de l'approvisionnement et du réseau de gazoduc.

Toutefois, M. Korolev n'a pas caché que s'il remportait la vente, son entreprise prendrait Gazprom comme partenaire.

Gazprom n'a pas souhaité faire de commentaire. Mikhaïl Korchemkin, le directeur de East European Gas Analysis a exprimé ses doutes quant à la possibilité que Sintez ou Energiya aide Gazprom à remporter la vente, dans la mesure où ces entreprises sont trop proches de Gazprom qui vend son gaz à un prix « loin d'être le plus compétitif sur le marché ».

La date de l'annonce des résultats de la mise en vente n'a pas encore été révélée.

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