Des députés britanniques appellent à sauver le « Green Homes Grant scheme »

Il y a peu de chances que le Royaume-Uni atteigne son objectif de zéro net d’ici à 2050 sans un programme complet d’isolation et de remplacement des chaudières à gaz par des systèmes de chauffage à faible émission de CO2, ont déclaré lundi les députés de la commission d’audit environnemental (Environmental Audit Committee). [SpeedKingz / Shutterstock]

Le programme britannique de subventions pour les maisons vertes, destiné à donner le coup d’envoi d’une reprise verte après la crise sanitaire, a été bâclé et a besoin d’être sauvé de toute urgence, a déclaré Environmental Audit Committee. Un article de The Guardian.

Les critiques des députés de la commission d’audit environnemental constituent un coup dur pour les plans du gouvernement visant à atteindre la neutralité carbone et interviennent alors que les ministres se préparent à accueillir la COP26 à Glasgow en novembre prochain.

Il y a peu de chances que le Royaume-Uni atteigne son objectif de zéro net d’ici à 2050 sans un programme complet d’isolation et de remplacement des chaudières à gaz par des systèmes de chauffage à faible émission de CO2, ont déclaré lundi les députés de la commission d’audit environnemental (Environmental Audit Committee).

Munis d’une évaluation accablante du programme d’aides pour les maisons vertes, lancé l’été dernier pour offrir 1,5 milliard de livres sterling de subventions pour l’isolation et le chauffage à faible émission de CO2, les représentants britanniques ont exigé une action urgente de la part des ministres. D’après eux, le programme a été « conçu à la hâte et mal mis en œuvre… [la] gestion du programme semble tout simplement désastreuse ».

Ils ajoutent : « L’impact de sa mise en œuvre bâclée a eu des conséquences dévastatrices sur de nombreux constructeurs et installateurs capables d’effectuer le travail, qui ont été laissés dans l’incertitude en raison des commandes annulées et du temps pris pour approuver les demandes. »

Loin de générer des emplois verts comme l’avait promis le gouvernement, certaines entreprises proposant des améliorations de l’habitat ont dû licencier du personnel en raison de problèmes de paiement.

Selon les données publiées la semaine dernière par le ministère des Affaires, de l’Énergie et de la Stratégie industrielle, il y avait plus de 123 000 demandes de subvention à la fin du mois de février, mais seulement 28 000 bons avaient été émis et seulement 5 800 dispositifs avaient été installés.

On estime à plus d’un milliard de livres sterling le montant non dépensé des fonds publics alloués jusqu’à la fin du mois de mars, que le gouvernement a maintenant l’intention de conserver, tout en n’allouant que 320 millions de livres sterling à l’année prochaine. La commission d’audit environnemental a demandé que l’argent non dépensé soit plutôt reversé et que le programme soit revu et transformé en un programme de subventions à long terme viable qui donnerait aux ménages et aux entreprises la confiance nécessaire pour se lancer dans des travaux de rénovation.

Philip Dunne, président de la commission, a indiqué qu’il était urgent d’agir afin d’éviter que l’industrie des maisons vertes ne subisse d’autres dommages et de commencer la tâche vitale qui consiste à rénover le parc immobilier du Royaume-Uni.

« D’autres programmes durables doivent être mis en œuvre afin de renforcer la crédibilité du gouvernement auprès des ménages et de leurs entrepreneurs, et de montrer qu’il est déterminé à décarboner les maisons du pays », a-t-il soutenu. « Cela donnera confiance aux entreprises qui pourront investir dans la formation et les emplois verts… Le gouvernement doit faire preuve de réalisme. Une bien meilleure compréhension du coût, du rythme, de l’échelle et de la faisabilité du développement des compétences est désespérément nécessaire pour une Grande-Bretagne neutre en carbone. »

Ed Matthew, directeur des campagnes du groupe de réflexion sur le changement climatique E3G, a appuyé : « La commission a mis le doigt sur le problème. L’industrie a été endommagée par des stratégies irrégulières et des financements à court terme, qui détruisent les investissements et minent la confiance des consommateurs. Le Trésor doit faire de ce secteur la priorité numéro un du Royaume-Uni en matière d’infrastructures et lui fournir le financement à long terme dont il a besoin. Aucun autre investissement public ne peut faire plus pour stimuler l’emploi tout en réduisant les émissions de carbone ».

Dans le cadre du programme britannique de subventions pour les maisons vertes, les propriétaires peuvent demander des bons d’un montant maximal de 5 000 £ ou de 10 000 £ pour couvrir la majeure partie des coûts d’installation d’une isolation et d’autres mesures d’efficacité énergétique, ainsi que de pompes à chaleur à faible émission de CO2. Mais le programme a connu des problèmes dès le début, les constructeurs se plaignant de la charge administrative afférente.

De plus, de nombreuses personnes étaient incapables d’obtenir une réponse du service clientèle ou recevaient des conseils contradictoires, révèle The Guardian.

Le gouvernement a réagi en affirmant que les gens ne participaient pas au programme par crainte de voir des professionnels à leur domicile pendant la pandémie. Les militants ont rejeté cette affirmation, arguant que les 120 000 demandes montraient que la population souhaitait bénéficier de ces subventions, mais ne parvenait pas à les obtenir.

Jess Ralston, analyste du groupe de réflexion Energy and Climate Intelligence Unit, a déclaré qu’il était crucial que le gouvernement agisse alors que le Royaume-Uni se prépare à accueillir la COP26. À ses yeux, malgré les beaux discours du gouvernement sur le « zéro net, il est clair que cela ne se traduit pas par des actions pour réduire les émissions de carbone dans nos foyers. Les politiques précipitées qui sont hachées et modifiées apparemment au hasard risquent de saper l’enthousiasme du public pour la réparation de nos maisons qui fuient, ce qui pourrait nuire aux projets pour les années à venir. »

*Cet article a été publié pour la première fois dans The Guardian et est republié ici grâce à son aimable autorisation.

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