L’éolien conquiert l’Europe du Nord

Éoliennes à Copenhague. [Shutterstock]

La Belgique prévoit de doubler l’espace disponible pour les parcs éoliens en mer, tandis que le Danemark souhaite alimenter ses sept plus grandes villes grâce aux éoliennes.

Le 20 avril, le gouvernement belge a annoncé vouloir mettre permettre l’installation d’éoliennes offshore dans une zone de 221 km2 proche de la frontière française à partir de 2020.

Les quatre parcs éoliens belges fournissent actuellement 870 mégawatts (MW) au pays, qui prévoit d’augmenter ce chiffre pour atteindre 2,2 gigawatts (GW) d’ici 2020 et 4 GW d’ici 2030.  L’importance de la mer du Nord dans la transition énergétique a été soulignée par Philippe De Baker, secrétaire d’État à la mer du Nord.

Cette augmentation des renouvelable permettra au pays de réduire ses émissions et d’éliminer progressivement le nucléaire. Bruxelles a récemment indiqué vouloir se débarrasser de l’énergie nucléaire, qui représente actuellement 6 GW, entre 2022 et 2025.

La moitié de l’électricité consommée en Belgique provient actuellement du nucléaire et les centrales de Doel et Tihange répondent à elles seules à environ 40 % de la demande. Leur âge inquiète cependant les observateurs.

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Le Danemark à la pointe

Copenhague a également de grands projets. Lars Christian Lilleholt, le ministre de l’Énergie, a ainsi indiqué que son gouvernement espérait ouvrir un des plus grands champs éoliens au monde.

« Il s’agirait d’un très, très grand parc éolien, qui jouerait un rôle clé pour atteindre notre objectif de d’au moins 50 % d’énergie renouvelable d’ici 2030 », a-t-il expliqué, ajoutant que l’installation serait à environ 50 km des côtes et génèrerait 800 MW, assez pour alimenter les sept plus grandes villes du pays.

Le détail du projet ne sera pas disponible avant 2024, mais l’entreprise qui sera chargée de construire entre 50 et 75 turbines devrait être choisie d’ici 2021. La construction pourrait cependant ne pas nécessiter de subventions.

Le parc de Kriegers Flak est pour sa part toujours en construction et devrait permettre de générer 600 MW d’ici 2021.

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Les importations européennes en hausse

Le ralentissement de la production d’énergies fossiles, y compris nucléaire, a fait augmenter l’importation d’énergie vers l’UE, selon les données d’Eurostat. Plus de la moitié de l’énergie européenne dépend à présent des importations.

En 2016, l’UE a ainsi dû importer 53,6 % de l’énergie qu’elle a consommée, selon un schéma en place depuis 2004. Le record a été atteint en 2008, avec un total d’importations de 54,5 %.

Avec 13,9 % d’importation et malgré son engagement, le Danemark n’a pas réussi à détrôner l’Estonie, État membre le moins dépendant des importations d’énergie (6,8 %).

Les pays les plus dépendants sont, sans surprise, Malte et Chypre, avec une dépendance de respectivement 100 % et 96,2 %, notamment à cause de leur situation d’isolement. Parmi les cinq plus gros consommateurs, le Royaume-Uni et la France sont les moins dépendants des importations d’énergie, avec 35,3 % et 47,1 % respectivement.

 

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