Nucléaire : entre Donald Trump ou Emmanuel Macron, les Européens doivent choisir !

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[EPA-EFE/FRANCOIS MORI / POOL MAXPPP OUT]

Lors de son récent discours, le président de la République a invité ses partenaires européens à engager des discussions sur la dimension européenne des intérêts défendus par la France, notamment en perspective d’une plus grande autonomie stratégique de l’Europe.

Sur la question du nucléaire, Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, appelle les États membres de l’Union européenne à faire un choix face aux Américains. Une opinion publiée dans les colonnes de notre partenaire, Ouest-France.

La France est désormais le seul État de l’Union européenne doté de l’arme nucléaire. Cela l’oblige à penser sa sécurité dans la dimension européenne. Cela oblige ses partenaires à le prendre en compte.

En rappelant le 7 février la doctrine nucléaire française, Emmanuel Macron a tendu la main aux Européens, leur proposant de participer à un dialogue approfondi et à des exercices communs sur la dissuasion, en vue d’une plus grande autonomie stratégique de l’Europe.

Ses partenaires acceptent sur leur sol, sous les ailes de leurs propres avions, dans les coffres de leurs camions et au fond de leurs hangars, des armes nucléaires dont seul le président américain peut ordonner l’emploi. L’OTAN en discute peut-être, mais le seul qui puisse mettre en œuvre la dissuasion, cet exercice diplomatique des plus sophistiqués, mariage subtil de bluff, de puissance, de technologie et de raison, et finalement utiliser ces armes, c’est Donald Trump.

Dissuasion nucléaire : Macron livre sa vision et des propositions à l’Europe

Ce vendredi, le président Emmanuel Macron doit présenter sa stratégie de défense et de dissuasion nucléaire, des sujets qu’il compte aborder avec l’Europe pour que le Vieux Continent ne demeure pas « spectateur » d’un environnement international de plus en plus instable.

Destinée à empêcher une guerre

L’arme nucléaire ne se compare à aucune autre. Dans la doctrine française, elle ne saurait être une arme de bataille ; elle est destinée à empêcher la guerre. Sa crédibilité dépend du caractère inacceptable des dommages que subirait un éventuel agresseur et pour le dissuader de miser sur le succès de l’escalade, de l’intimidation ou du chantage.

La taille de l’arsenal nucléaire n’est donc pas déterminante ; seules sa suffisance et son efficience en constituent la mesure. Cela impose que la dissuasion puisse être mise en œuvre à tout moment et en toutes circonstances, au moyen d’un commandement unique et efficace, ce qui exclut tout comité ou instance collégiale. Les armes de l’OTAN sont ainsi sous le seul commandement américain en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et même en Turquie !

La dissuasion française restera donc évidemment sous unique commandement français. En revanche, et comme nombre d’observateurs européens l’ont souhaité et moi-même à plusieurs reprises, le président français, celui qui décide in fine que des intérêts vitaux justifient le déclenchement de la dissuasion, a affirmé que les intérêts vitaux de la France ont désormais une dimension européenne, en rappelant la solidarité inébranlable de la France à l’égard de ses partenaires européens. Les États membres de l’Union sont donc directement interpellés et au premier rang d’entre eux, l’Allemagne.

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