Katrougalos : « En 2015, nous voulons financer les dépenses de l’État grec par nos propres revenus»

Georgios Katrougalos, ministre grec de l'Intérieur et des Réformes administratives. [euranet_plus/Flickr]

Georgios Katrougalos, ministre grec de l’Intérieur et de la Réforme administrative, explique pourquoi il accepte les mesures proposées par Alexis Tsipras aux créanciers.

Georgios Katrougalos, eurodéputé Syriza de 2014 à 2015, est devenu ministre de l’Intérieur et de la Réforme administrative après les dernières élections grecques.

Les mesures proposées par votre gouvernement aux créanciers, lundi 22 juin, n’augurent-elles pas d’un retour à l’austérité mise en place par les gouvernements précédents ?

Ce sont des mesures dures, mais ce n’est pas un retour aux anciens programmes d’austérité. Les mémorandums cherchaient à transformer la société grecque par la dérégulation et la mise en place d’un agenda néolibéral en réduisant les droits sociaux. Nous, nous entendons maintenir ces droits. C’est essentiel, et nous avons beaucoup insisté pour qu’une loi sur le rétablissement des négociations collectives soit déposée au parlement.

Certaines des mesures proposées risquent cependant de peser lourd sur l’économie grecque…

Nous avons accepté des mesures fiscales qui sont contraires à notre logique, notamment le relèvement de la TVA. Mais nous l’avons fait par nécessité. Nous ne voulons pas accepter de nouveaux prêts, parce que ce serait un retour au mémorandum avec une conditionnalité qui inclurait inévitablement des mesures néolibérales. Cette année, nous voulons financer les dépenses de l’Etat par nos revenus propres, et c’est pourquoi nous avons recours à une taxation qui n’est pas socialement juste, notamment parce que nous n’avons pas eu le temps de modifier notre système fiscal. L’an prochain, nous prendrons des mesures plus justes.

Pensez-vous que votre majorité vous suivra ?

Oui. C’est un compromis dur, mais viable. Il n’aura pas de difficulté à passer au parlement.

Pourtant, on entend beaucoup de mécontentement au sein de Syriza…

C’est normal puisque ces mesures ne sont pas dans notre logique. Mais j’ai confiance. Les députés comprendront qu’il n’y a pas d’autre solution.

Pour vous, cependant, un accord doit inclure un accord sur la dette. Vous contenterez-vous de promesses comme le gouvernement Samaras ?

Non, nous voulons quelque chose de plus concret. Sans doute ne peut-on pas immédiatement avoir le détail d’un aménagement de la dette, mais il faudra plus que de vagues promesses.

En quelque sorte, vous tentez d’acheter du temps ?

Nous n’avons pas eu le temps nécessaire et l’espace nécessaire pour changer de politique. Nos partenaires européens ont utilisé la dégradation économique et le facteur de liquidités pour nous asphyxier et faire pression sur le gouvernement. C’est pourquoi nous avons dû accepter ces mesures dans un environnement détérioré. Mais ceci nous permet d’appliquer enfin notre programme dans d’autres domaines, notamment dans l’administration qui a été soumise à la logique du mémorandum et qu’il faut désormais rendre plus efficace et plus démocratique. Avec ces mesures, nous gagnons du temps pour appliquer notre programme.

>> Lire aussi notre couverture en direct : Une solution pour la Grèce ?

Cette interview est initialement parue sur La Tribune.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.