En célébrant le 10ème anniversaire de l’euro, la Commission a applaudi les réussites de la monnaie unique mais a néanmoins déploré le fait que la zone euro reste incapable de parler d’une seule voix sur la scène internationale. Parallèlement, la Slovaquie a obtenu le feu vert pour adopter l’euro en 2009, malgré des craintes concernant sa capacité à maîtriser l’inflation.
Lors de la présentation de son rapport de suivi sur l’euro aux eurodéputés le 7 mai dernier, Joaquín Almunia, le commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires a qualifié la monnaie unique de « réussite remarquable », en déclarant que l’euro « a apporté une stabilité des prix durable à un niveau que la plupart des membres, sinon tous, n’avaient jamais connu auparavant ».
Il a également affirmé que les 15 membres actuels de la zone euro avaient également connu une croissance d’emploi remarquable, devançant « de loin » d’autres économies développées ayant des données démographiques plus favorables comme les Etats-Unis. Quant à l’avenir, M. Almunia espère les pays à problèmes seront hors de la zone euro.
Les eurodéputés ont partagé les évaluations généralement positives de la Commission relatives aux réalisations de l’euro mais ont également approuvé les observations de M. Almunia concernant ses lacunes.
L’eurodéputé allemand libéral et membre de la commission parlementaire Affaires économiques et monétaires, Wolf Klinz, a repris les critiques de la Commission selon lesquelles la zone euro n’a pas de représentation individuelle au sein des institutions internationales, comme l’OCDE ou le FMI, demandant à améliorer son profil de façon à être pris plus au sérieux.
Le rapport de la Commission a notamment reproché la faiblesse des plus grands pays de la zone euro, comme l’Allemagne, la France et l’Italie, déclarant qu’ils ne fournissent pas suffisamment d’efforts dans la mesure où ils craignent de perdre de l’influence à cause du regroupement des sièges. Il a déclaré qu’ils préféraient que leur participation reste au niveau de leur politique économique étrangère nationale.
M. Almunia a souligné la nécessité d’une présence plus forte et plus unie des membres de la zone euro sur la scène internationale, en déclarant que les tendances à long terme dans l’économie mondiale, et notamment le poids croissant de la zone euro, devraient affaiblir davantage l’influence des pays de la zone au sein des institutions financières et des enceintes internationales.
Cependant, un haut fonctionnaire de la Commission a déclaré au Financial Times qu’il était ambitieux de demander à un siège unique de la zone euro au sein des institutions mondiales, reconnaissant que ceci ne ce ferait pas de si tôt. Selon lui, l’UE doit l’envisager comme un objectif de moyen à long terme ou elle deviendra un nain politique et un géant économique.
Le rapport a également critiqué le fait que l’euro soit souvent utilisé comme un bouc émissaire pour les faibles performances économiques qui, en réalité, sont le résultat de politiques économiques inappropriées à l’échelle nationale.
Les eurodéputés – dont Pervenche Beres la présidente française socialiste de la commission des Affaires économiques et monétaires – ont également exprimé leur inquiétude vis-à-vis de certains hommes politiques qui tentent de réduire l’indépendance de la Banque centrale européenne, une remarque adressée directement au président français Nicolas Sarkozy (EURACTIV 12/02/08).
Parallèlement, la Commission a approuvé l’adhésion de la Slovaquie à la zone euro au 1er janvier 2009, déclarant qu’elle a réalisé un degré élevé de convergence économique durable. Les ministres européens des Finances doivent confirmer la décision de la Commission concernant l’admission de la Slovaquie à la zone euro lors de leur réunion en juillet.

