230 milliards d’investissements, le minimum pour sortir l’UE de la croissance faible

Marco Buti, DG affaires économiques et financières [Lisbon Council/Flickr]

Il faudrait davantage d’investissements pour sortir de la croissance très faible, selon Marco Buti, directeur général de la DG affaires économiques et financières. Un article d’EURACTIV Italie.

L’Europe est prise dans le piège d’une croissance faible et d’une inflation basse, l’économie du 1 %, a expliqué Marco Buti, directeur général de la DG Affaires économiques et financières, lors d’une rencontre avec les représentants de la Commission européenne à Rome, le 5 décembre dernier.

Pour sortir de cette situation, il faudrait renforcer la politique d’investissement. Selon les estimations de Bruxelles, entre 230 et 370 milliards d’investissements supplémentaires sont nécessaires pour relancer l’économie.

>> Lire : La Commission dévoile son plan d’investissement de 315 milliards d’euros

« Cette année, la croissance sera inférieure à 1 %. On dépassera un peu 1 % l’année prochaine, mais cela reste insuffisant, a affirmé Marco Buti. Nous risquons de nous retrouver dans ce que j’appelle l’économie du 1 % », c’est-à-dire une situation de croissance très faible. Cela concerne en premier lieu le PIB, mais aussi l’inflation, qui resterait loin de l’objectif  de 2 % fixé par la Banque centrale européenne, et même la tendance d’accumulation des richesses. Ces taux très bas n’augurent rien de bon. »

Renforcer l’intégration économique

Pour sortir du marasme, il faudrait tabler sur une plus grande intégration économique au long terme. « Après la phase de consolidation de la croissance, il faudra renforcer l’intégration européenne. Il s’agira d’agir sur le deuxième volet de l’union économique et monétaire », explique le commissaire. Il faudra également associer à l’intégration de la monnaie unique une politique d’équilibre toujours plus cohérente. Il ne s’agit pas là de réformes immédiates mais d’un travail de longue haleine, concède-t-il, puisqu’« il existe encore des opinions très différentes sur ces problèmes au sein de l’Europe, et il faudra recréer un climat de confiance entre les institutions et définir un objectif commun, ainsi qu’une stratégie à long terme ».

Roberto Gualtieri, président de la commission parlementaire pour les sujets monétaires et économiques, voit l’intégration budgétaire d’un bon œil : « Nous  assistons à la naissance  d’une politique économique commune, c’est ce que nous montrent les différents avis récents sur la loi de stabilité. Grâce à l’Italie et à la France, l’évaluation des réformes est entrée dans les conclusions de la Commission. » L’intégration budgétaire ne se réalisera toutefois pas en un jour.

Marco Buti souligne par ailleurs que « notre système ne manque pas totalement de liquidités, il faut juste orienter ces fonds vers l’investissement ». Le manque d’investissement est en effet la cause la plus évidente du déséquilibre macroéconomique actuel. Jean-Claude Juncker a tenté une première mesure pour y remédier, mais il faudra continuer d’agir dans ce sens. « Nous avons calculé qu’il manque entre 230 et 370 milliards d’euros à l’investissement pour pouvoir faire arriver l’UE à une situation idéale ».

>> Lire : Le plan d’investissement de Juncker arrivera-t-il à générer assez de liquidités ?

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