Accord au conditionnel sur la réduction de la dette grecque

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Les ministres des Finances de la zone euro ont reconnu que la Grèce remplissait les conditions pour le versement d’une aide. Mais rien n’est concrètement décidé sur la réduction de la dette du pays.

Cette fois-ci aura été la bonne. Enfin presque. Après plusieurs reports, les dix-sept pays de la zone euro ont reconnu que les conditions étaient réunies pour approuver le versement, dès le mois de décembre, des 34,4 milliards d’euros promis à la Grèce en échange des réformes.

23,8 milliards lui permettront de recapitaliser ses banques, et 10,6 iront directement alimenter son budget de fonctionnement. 

Le 13 décembre 

Si Athènes respecte ses engagements et met en place la réforme fiscale, 9,3 milliards d’euros supplémentaires seront versés, au premier trimestre de 2013, en trois tranches successives. 

La contribution du FMI, qui représente moins d’un tiers du total, sera versée après un programme de rachat de la dette grecque, le 12 décembre. 

Le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker a admis que l’accord avait été « très difficile » à obtenir. Le compromis sera approuvé formellement le 13 décembre.  

Malgré les efforts du gouvernement grec et les sacrifices imposés à la population, la dette du pays continue à augmenter et devrait atteindre entre 190 et 200% de son PIB l’an prochain. Pour qu’elle reste soutenable, une réduction des dettes détenues par les gouvernements européens est envisagée et discutée depuis plusieurs semaines. 

Contribution de la BCE

Sur ce point, la déclaration de l’Eurogroupe est ambiguë. Les Etats se disent « prêts à considérer » plusieurs options pour réduire à 124% l’endettement du pays, alors que le Fonds monétaire international réclamait 120%: 

  • baisser de 100 points de base le taux d’intérêt sur les prêts bilatéraux accordés à Athènes en 2010, 
  • allonger de 15 à 30 ans la durée des prêts consentis à la fois par les Etats et le Fonds européen de stabilité financière (FESF) 
  • accorder un moratoire de 10 ans à la Grèce pour le paiement de ses intérêts sur les prêts du FESF.  

Les ministres ont également souhaité que la Banque centrale européenne (BCE) reverserait les profits réalisés sur les obligations souveraines grecques achetées à prix réduits. 

La contribution de la BCE sera de 11 milliards d’euros, indiquent des sources proches des discussions.  

Enfin, les Dix-Sept accepteraient de financer le rachat par la Grèce de ses propres obligations détenues par les investisseurs privés à un taux, selon plusieurs sources, fixé à environ 0,35 euro par euro de dette détenu.  

Au total, l’effort représenterait 40 milliards d’euros. 

Avenir meilleur

Le communiqué de l’Eurogroupe précise que toutes ces nouvelles mesures seront prises si la Grèce respecte les engagements contractés dans le mémorandum signé en 2011. Le texte évoque aussi le maintient d’une surveillance, qui ira au-delà.

Les ministres ont enfin envisagé de prendre de nouvelles mesures pour réduire la dette grecque « bien en deçà » du seuil de 110% du PIB en 2022.  

Le président de la BCE, Mario Draghi, s’est réjoui de ces mesures qui « permettront sans aucun doute de réduire l’incertitude et de renforcer la confiance dans l’Europe et la Grèce ».  

« Quand la Grèce aura atteint, ou sera sur le point d’atteindre, un excédent primaire et aura rempli toutes ses conditions, nous envisagerons s’il le faut de nouvelles mesures pour la réduction de l’endettement total », a déclaré pour sa part le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble.  

L’objectif est qu’Athènes affiche un excédent primaire (hors service de la dette) en 2016.  

Jean-Claude Juncker a voulu voir dans l’accord d’hier soir « la promesse d’un meilleur avenir pour la population grecque et la zone euro dans son ensemble ».

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