Angela Merkel accepte de renforcer le pare-feu de la zone euro

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La chancelière allemande, Angela Merkel, a annoncé qu'elle était prête à faire un compromis sur l'augmentation des fonds disponibles pour le renflouement des pays de la zone euro en difficulté, ouvrant ainsi la voie au renforcement du pare-feu européen contre la crise de la dette.

Mme Merkel a déclaré hier (26 mars) qu'elle pourrait imaginer que les deux fonds de sauvetage de l'Union fonctionnent en parallèle, afin que 500 milliards d'euros de nouveaux fonds soient rendus disponibles pour les pays en difficultés.

La seule façon d'y parvenir sans accélérer les versements du Mécanisme européen de stabilité (MES) serait de permettre au fonds existant, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) de rester actif entre mi-2012 et mi-2013.

« Nous affirmons que le MES devrait contenir en permanence 500 milliards d'euros, mais pour disposer d'une telle somme, nous pourrions imaginer […] d'accepter de faire fonctionner les programmes en parallèle », a déclaré Mme Merkel lors d'une réunion de son parti démocrate-chrétien conservateur.

Décision fin mars

L'Allemagne subit les pressions de ses partenaires internationaux qui souhaitent qu'elle accepte de renforcer le pare-feu de la zone euro. Certains pays, comme la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ont été clairs : sans ce renforcement, ils refuseront d’augmenter leur contribution au Fonds monétaire international.

Les dirigeants européens ont accepté l'an dernier de réexaminer leur pare-feu financier fin mars et les ministres des finances devraient discuter de son renforcement lors d'une réunion informelle à Copenhague cette semaine.

Le FESF dispose toujours d'environ 240 milliards d'euros de fonds non utilisés et des sources gouvernementales ont confié à Reuters que l'Allemagne était prête à les rendre disponibles une fois le MES lancé mi-2012.

Politique allemande

Tous les fonds qui n'auraient pas été utilisés par le FESF mi-2013 seraient annulés, le MES devenant le seul mécanisme en mesure d'accorder de nouveaux prêts, ont précisé ces sources.

Mme Merkel est réticente à l'idée d'une augmentation, car elle risque d'en payer le prix sur le plan politique si cette solution implique un accroissement des garanties financières versées par l'Allemagne à ses partenaires.

Mme Merkel pourrait en effet éprouver des difficultés à convaincre les membres de sa coalition de centre-droit, dans la mesure où cela pourrait mener à une augmentation des garanties de Berlin de 211 à 290 milliards d'euros.

Le dirigeant de l'Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU), Horst Seehofer, a déclaré lundi qu'une augmentation qui dépasserait les 211 milliards d'euros serait inacceptable.

Le seul autre pays qui n'a pas encore publiquement exprimé son soutien est la Finlande, où le renforcement du fonds de sauvetage de la zone euro s'est révélé controversé sur le plan politique.

Le premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, toutefois déclaré au Financial Times le 24 mars dernier qu'il souhaitait aboutir à un « bon compromis ».

 

« Chaque Etat membre est tiraillé entre deux options », a déclaré le premier ministre italien, Mario Monti, au journal japonais Nikkei lors d’un entretien publié sur son site en langue anglaise.

 

« Renforcer financièrement un pare-feu implique de verser plus d'argent [...] D'un autre côté, plus les pare-feu sont importants, moins il est probable qu'ils doivent être utilisés, car l'effet dissuasif sur la spéculation des marchés décourage souvent la spéculation en soi. »

 

A savoir si le pare-feu devrait être augmenté à 700 milliards d'euros, l'une des options envisagées, M. Monti a affirmé : « Selon moi, plus il est important, mieux c'est. Mais il faut rester réalistes. »

 

« Il nous faut un véritable pare-feu, au lieu de dépenser de l'argent en permanence pour des extincteurs », a déclaré le leader du groupe ADLE, Guy Verhofstadt.?

 

« Les États membres doivent reconnaître que par leurs tergiversations, la décision de créer un véritable pare-feu est devenue plus coûteuse, nous avons échappé au pire pour le moment, uniquement  grâce à l'intervention de la BCE sur le marché au cours des trois derniers mois. » 

 

Lors de leur réunion informelle de ce week-end à Copenhague (30 et 31 mars), les dirigeants de la zone euro devraient réexaminer la limite de 500 milliards d'euros pour la capacité conjointe de leurs fonds de sauvetage temporaire et permanent, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES).

 

S'ils décident de fusionner les deux fonds, ils pourront mettre en place un pare-feu de 750 milliards d'euros qui aurait des chances de convaincre les marchés qu'ils s'engagent à garder la crise sous contrôle.

 

La Banque centrale européenne soutien une telle augmentation, tout comme les décideurs politiques des pays non européens qui envisagent aujourd'hui de doubler les ressources du FMI via une augmentation de 600 milliards de dollars (446 milliards d'euros.

 

Un fonds de sauvetage européen plus important est la condition requise par les grandes économies en dehors de l'UE pour qu'elles acceptent d'allouer plus de ressources au Fonds monétaire international (FMI).

 

  • 30-31 mars 2012 : réunion informelle des ministres européens des finances à Copenhague où ils devraient approuver la modification du pare-feu.
  • European Financial Stability FacilityWebsite

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