Bruxelles demande à l’Italie de réduire son déficit

Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, le 13 février à Bruxelles. [European Commission]

Le 22 février, la Commission européenne a prévenu l’Italie que des sanctions disciplinaires pourraient lui être imposées si elle n’adoptait pas les mesures promises pour réduire son déficit.

D’après les prévisions, la dette publique de l’Italie devrait augmenter, malgré l’obligation de la réduire. Le pays est d’ailleurs en passe d’être soumis à des mesures disciplinaires en vertu desquelles il pourrait se voir infliger des amendes, a indiqué le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis.

Cet avertissement intervient dans un contexte de pression pour le gouvernement transalpin, face à un sentiment eurosceptique grandissant et à la menace d’élections anticipées.

Valdis Dombrovskis a cependant précisé lors d’une conférence de presse que l’exécutif européen attendrait de voir si Rome tiendra sa promesse de réduire son déficit d’au moins 0,2 % du PIB d’ici la fin du mois d’avril. Une décision disciplinaire ne serait ainsi prise qu’après les prochaines prévisions économiques de Bruxelles, au mois de mai.

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Besoin de « crédibilité »

La Commission, dans son rapport sur la dette italienne, a fait savoir que le pays devrait réduire son déficit structurel, qui ne tient pas compte du cycle conjoncturel et des effets ponctuels, « de manière crédible ». Ces réductions permettraient de diminuer la dette souveraine.

Dans ses dernières prévisions économiques pour les 28 États membres de l’UE, la Commission annonçait une augmentation de la dette italienne à un taux record de 133,3 % du PIB cette année, contre 132,8 % en 2016. Conformément à la réglementation européenne, l’Italie doit réduire sa dette de 3,6 % chaque année.

Dans un autre rapport, l’exécutif souligne que l’Italie est l’un des six pays européens (avec la France, Chypre, le Portugal, la Croatie et la Bulgarie) à enregistrer des « déséquilibres économiques excessifs », une situation qui pourrait également déclencher des sanctions.  Les déséquilibres de l’Italie sont principalement dus à sa dette publique colossale, son taux de chômage élevé et les nombreuses créances douteuses émises par les banques du pays. « La réserve de créances en souffrance commence à peine à se stabiliser et pèse sur la rentabilité des banques et les politiques de prêt », a ajouté la Commission.

Dès lors, des besoins « potentiels » de recapitalisation pour certains créanciers italiens pourraient apparaître « dans un contexte d’accès difficile aux marchés boursiers », a précisé l’exécutif.

Le gouvernement italien est en pourparlers avec la Commission européenne afin d’élaborer un plan de sauvetage pour la banque Monte dei Paschi di Siena et deux créanciers de Vénétie, tandis que le créancier italien le plus important, Unicredit, tente de se recapitaliser à hauteur de 13 milliards d’euros sur les marchés de capitaux.

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Si Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, a reconnu les efforts de l’Italie pour mettre en œuvre d’importantes réformes ces dernières années, il a également souligné que celles-ci « semblent connaître un ralentissement » alors qu’elles devraient être mises en place plus rapidement afin d’entraîner une croissance « modérée ».

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