Bruxelles s’interroge sur le risque économique de la réforme des retraites en France

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Les contours de la réforme des retraites projetée en France viennent d’être dévoilés. La Commission européenne s’inquiète déjà du poids de la réforme pour les entreprises.

Le projet de Jean-Marc Ayrault, qui a choisi de s’orienter vers une petite réforme politiquement peu risquée, devrait faire porter le comblement du déficit du régime à la fois aux salariés et aux entreprises. L’idée d’une hausse de la CSG (Contribution Sociale Généralisée), soutenue par les entreprises qui ne la paient pas mais désavouée par les syndicats, a été abandonnée.

En revanche, les cotisations vieillesse vont augmenter sur la feuille de paie des salariés, tout comme les charges sociales pour les entreprises : la hausse représente une progression de 0,3% des deux côtés d’ici 2017. En valeur absolue, la contribution sera d’un peu moins de 5 euros par mois pour les salariés au SMIC, et d’un peu moins pour les entreprises.

Les moins de 40 ans dans le collimateur

L’objectif de la réforme est d’interrompre les pertes systématiques des pensions, que l’Etat doit combler chaque année ; la réforme prévoit un retour à l’équilibre en 2020. La hausse des cotisations contribuera pour moitié au rééquilibrage du système, la réforme du régime général qui ne concerne que les salariés du privé, hors fonction publique, contribuera au solde.

La durée de cotisation des salariés devrait progresser, mais plus tard : elle sera augmentée d’un trimestre tous les trois ans de 2020 à 2035 pour atteindre 43 ans au total. Seuls les salariés de moins de 40 ans aujourd’hui verront leur durée de cotisation atteindre 43 ans, ce qui a suscité des critiques sur le fait que les jeunes étaient les premières victimes du projet.

Inquiétude sur la compétitivité

Simon O’Connor, porte-parole de la Commission, a assuré qu’une évaluation détaillée serait effectuée par Bruxelles, qui s’intéresse notamment à la contrepartie de la réforme. En effet, les contributions des employeurs devraient en parallèle reculer côté sécurité sociale.

Le porte-parole a aussi rappelé les recommandations économiques de la Commission à la France, adoptées en juillet, qui mettent l’accent sur « la nécessité d’assurer la stabilité des finances publiques, mais aussi de réduire le coût du travail en France ».

Un propos qui souligne le hiatus entre chômage et croissance d’un côté, et rigueur budgétaire de l’autre. En juillet, la Commission avait recommandé à la France d’éviter une nouvelle détérioration de la compétitivité des entreprises.

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