A la suite de la rencontre qui a eu lieu samedi 18 octobre à Camp David avec le président américain sortant George W. Bush, le président français Nicolas Sarkozy et le président de la Commission José Manuel Barroso ont présenté un certain nombre de plans pour mettre en place une série de sommets mondiaux concernant la crise financière.
Les trois dirigeants se sont mis d’accord sur le fait qu’ils allaient présenter aux autres dirigeants mondiaux « l’idée de commencer une série de sommets pour répondre aux difficultés auxquelles est confrontée l’économie mondiale », a indiqué le communiqué commun publié après la rencontre.
L’idée a déjà été soutenue par les chefs d’Etat et du gouvernement lors du sommet régulier d’octobre qui s’est tenu la semaine précédente (EURACTIV 16/10/08).
L’UE espère convaincre les dirigeants mondiaux d’accepter les réformes radicales du système financier international. Celles-ci pourraient inclure une réglementation et une supervision plus stricte des hedge funds, des paradis fiscaux et des institutions financières transfrontalières ainsi qu’un système global d’alerte rapide et une révision du Fonds monétaire international (FMI), âgé de 60 ans, critiqué pour n’être pas au point afin de gérer l’économie globale et les complexités de la finance actuelle.
M. Sarkozy en particulier semble avoir une vision très précise de ce qui pourrait être réalisé, indiquant que la crise a offert une opportunité pour ne plus appliquer les pratiques détestables du passé et pour « construire le capitalisme de l’avenir ». « On ne peut pas non plus continuer avec les mêmes causes qui produiront les mêmes effets. », a-t-il déclaré. Nous devons réformer le capitalisme afin que le système le plus efficace jamais créé ne puisse pas détruire ses propres fondations, a-t-il affirmé en mettant en garde contre le fait que le monde ne peut pas continuer à envisager l’économie du 21e siècle avec les instruments de l’économie du 20e siècle.
Le Président américain, quant à lui, était, comme prévu, peu disposé à accepter dans leur intégrité les plans de M. Sarkozy dont l’objectif est de mieux réglementer le capitalisme. En effet, il a indiqué que toute proposition pour repenser les mécanismes du système financier global ne devrait pas être autorisée si elle nuit au marché libre. « Il est essentiel que nous préservions les fondements du capitalisme démocratique », a souligné M. Bush en insistant sur l’engagement pour la liberté des marchés, la liberté des entreprises et le libre échange.
Toutefois, il reste peu clair à quel point M. Bush aura son mot à dire dans le processus étant donné que son mandat arrive à terme le 20 janvier. Toutefois, la première rencontre aura lieu peu de temps après l’élection présidentielle du 4 novembre alors que M. Bush sera toujours en fonction. Selon le communiqué, cette première rencontre aura pour objectif d’ « examiner les progrès enregistrés pour faire face à la crise actuelle et à rechercher un accord sur le principe de réformes nécessaires pour éviter que se reproduise une telle crise ».
« Les sommets suivants seront destinés à mettre en oeuvre un accord sur des mesures précises devant être prises pour concrétiser ces principes », est-il ajouté dans le communiqué.
Les rencontres évoquent des parallèles avec la célèbre conférence de « Bretton Woods » qui a eu lieu après la Seconde guerre mondiale et durant laquelle les dirigeants mondiaux ont posé les fondation du FMI et du groupe de la Banque mondiale afin d’empêcher qu’une dépression telle que celle de 1930 se répète.
Il est prévu que les sommets à venir impliquent non seulement la participation des dirigeant des pays du G8 (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon et Russie), qui ont dominé le système financier depuis la conférence de Bretton Woods, mais également celle des économies émergeantes telles que la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud. L’Arabie Saoudite, la Corée du Sud et l’Australie devraient également y participer. En outre, le futur président des Etats-Unis – M. Obama ou M. McCain, devrait également être de la partie.
Le Japon, qui préside le G8, a soutenu les sommets. Cependant, le ministre des Finances japonais Shoichi Nakagawa a affirmé, selon AFP, que ces sommets seraient utiles uniquement s’ils produisent un plan d’action fort ou une décision.

