Samedi 4 octobre, lors de la rencontre qui a eu lieu à Paris, les dirigeants français, allemand, britannique et italien ont appelé à plus de coopération entre les gouvernements pour le renflouement des banques. Ils n’ont cependant pas réussi à élaborer une véritable réponse commune de l’UE à la crise financière.
Les gouvernements européens doivent éviter de mener une action qui aurait un impact indésirable sur les banques rivales basées dans d’autres pays. C’est ce qu’a souligné le G4 dans une déclaration commune. Il a ajouté que l’approche au cas par cas qui a été utilisée en dernier recours n’a pas aidé à restaurer la confiance dans un secteur bancaire toujours plus instable.
L’appel peut être considéré comme une attaque à l’égard de l’Irlande, qui a décidé unilatéralement de garantir les dépôts , un pas décrit comme « discriminatoire » par Nellie Kroes, commissaire à la Concurrence.
L’Allemagne suit Irlande
La déclaration des quatre dirigeants, selon laquelle ils ont promis de coopérer et de travailler de manière coordonnée au sein de l’UE, paraît légère. En effet, l’Allemagne a annoncé le jour suivant sa volonté de suivre l’exemple de l’Irlande.
La garantie du gouvernement allemand va couvrir entièrement plus de 500 milliards d’euros des dépôts des banques privées. Le ministre des Finances Peer Steinbrueck a déclaré aujourd’hui que les Allemands ne perdront pas un seul centime en raison de la crise. Cette situation est valable à partir d’aujourd’hui, a affirmé son porte parole Torsten Albig.
Le gouvernement allemand a également annoncé un plan de sauvetage de 50 milliards d’euros pour renflouer la Real Estate Bank, qui est au bord du gouffre. En outre, la Belgique et le Luxembourg ont déclaré avoir trouvé un acheteur, à savoir BNP Paribas, pour le groupe financier en difficulté, Fortis.
L’idée est d’éviter qu’une institution financière européenne majeure ne fasse faillite. Cependant, les quatre dirigeants européens sont peu disposés à s’engager dans un plan européen de renflouement à l’échelle de celui qui a été approuvé au Etats-Unis.
Une interprétation plus flexible des lois sur le Pacte de stabilité et l’aide d’Etat
Ils ont préféré appeler leurs homologues à se mettre d’accord sur une interprétation plus flexible des lois européennes rendant illégales les subventions destinées à des compagnies privées. Les quatre dirigeants ont aussi demandé l’élaboration de nouvelles lois européennes sur les cautionnements, une meilleure supervision des salaires des banquiers, une coopération accrue entre les régulateurs ainsi qu’une révision des règles comptables. Certains considèrent que ces règles aggravent la crise car elles encouragent la spéculation boursière contre les banques.
Pour conclure, les quatre dirigeants ont souligné le fait que l’économie européenne est confrontée à des circonstances exceptionnelles, et ils ont demandé que l’application du Pacte de stabilité et de croissance reflète cette situation (selon les lois de l’eurozone, le déficit du budget national ne doit pas dépasser 3 % du PIB).
Pour la présidence française, cela pourrait représenter une lueur d’espoir au milieu de la crise. Avant même la chute des marchés financiers, la France s’était efforcée de parvenir à un engagement visant à équilibrer son budget d’ici 2012 (EURACTIV 12/02/08).
Désormais, les conclusions du mini-sommet de Paris seront examinées par les ministres des Finances des 27 pays membres de l’UE lors de leur réunion à Luxembourg demain 7 octobre avant d’être étudiées par les dirigeants lors d’un sommet à Bruxelles la semaine prochaine.

