Début des discussions sur le plan anti-crise à long terme dans la zone euro

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Lundi (17 janvier), les ministres des finances de la zone euro ont discuté de la possibilité d’augmenter le montant de leur fonds de sauvetage, ainsi que de disposer de prêts d’urgence plus avantageux, comme partie intégrante des mesures vouées à enrayer la crise de la dette souveraine. Toutefois, aucune décision ferme n’a été prise.

Le président des ministres des finances de la zone, Jean-Claude Juncker, a déclaré que les ministres discutaient de nombreuses options possibles dans le cadre du paquet, mais qu’ils n’en privilégiaient aucune pour l’instant.

 « Nous avons commencé à discuter d’un paquet complet de mesures destinées à stabiliser la zone euro. Ces discussions doivent se poursuivre », a déclaré M. Juncker à la suite d’une réunion des ministres des finances.

Il a appelé à accélérer les travaux sur le paquet, tout en restant prudent sur la date où il serait prêt, soit pour le sommet des dirigeants de l’Union européenne du 4 février, soit pour celui des 24 et 25 mars.

M. Juncker a affirmé qu’il ne donnerait aucune date de conclusion des travaux, mais que le travail sera fait au plus vite.

Il a dit que les ministres discutaient d’une proposition de la Commission européenne prévoyant d’augmenter la capacité de prêt effective du fonds de sauvetage de la zone euro, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), de 440 milliards d’euros, alors qu’il est actuellement d’un montant de 250 milliards d’euros.

Le FESF a été mis en place en mai 2010 pour emprunter de l’argent sur les marchés avec des garanties des gouvernements de la zone euro jusqu’à 440 milliards d’euros.

Mais comme cela nécessite de posséder la meilleure note de crédit, un triple A, le montant effectif que le fonds peut prêter aux États en difficulté se situe autour de 250 milliards d’euros.

« La décision prise en mai prévoit que le mécanisme mette 440 milliards d'euros à disposition. Nous examinons différentes façons d'y parvenir », a indiqué M. Juncker.

Inquiétude des marchés

La Grèce et l’Irlande ont toutes deux été renflouées pendant la crise financière et les marchés s’inquiètent de la possibilité que l’Espagne et le Portugal fassent de même.

Les marchés souhaitent que plus d’argent soit disponible dans le FESF car ils estiment que le montant actuel ne serait pas suffisant si l’Espagne et le Portugal demandaient un financement d’urgence, ce qui pourrait potentiellement arriver.

On s’attend à ce que les décideurs politiques augmentent la portée du FESF de 260 milliards d’euros pour atteindre un montant de 700 milliards, révèle un sondage réalisé par Reuters.

La semaine dernière, la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) ont appelé à ne pas augmenter le montant du FESF mais aussi à l’employer de manière différente, par exemple en achetant des obligations d’État sur le marché secondaire, comme le fait actuellement la BCE.

L’Allemagne était jusqu’à maintenant opposée à cette idée et M. Juncker n’a pas voulu donner de détails quant à la manière dont elle a été accueillie parmi les ministres des finances de la zone euro lundi.

Le ministre allemand des finances, Wolgang Schäuble, a déclaré qu’il n’était pas nécessaire d’augmenter la taille du fonds de sauvetage à l’heure d’aujourd’hui.

 « Le Portugal ne veut pas et n’a pas besoin d’un renflouement. Il y a assez de fonds pour l’Irlande et le reste relève de la spéculation », a-t-il confié à une radio allemande lundi, avant les discussions des ministres des finances.

Augmentation effective de la capacité de prêt

M. Juncker s’est félicité de la consolidation du budget et des efforts de réformes opérés sur les Traités de Lisbonne et de Madrid et a déclaré que les marchés les avaient également remarqués.

« Les marchés restent volatiles, mais les évolutions associées étaient encourageantes. Les écarts sur lessouveraines ont évolué de manière à illustrer cette situation. Les mesures prises jusqu’à maintenant semblent fonctionner, particulièrement celles prises au Portugal et en Espagne car elles semblent avoir porté leurs fruits », a-t-il affirmé.

Le fonds de sauvetage finance déjà l’Irlande et la zone euro possède également des engagements de prêts bilatéraux pour financer la Grèce sur trois ans. Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires était optimiste sur l’augmentation de la portée du FESF.

 « Je suis confiant quant à l’augmentation de la capacité de prêt effective du FESF », a-t-il confié aux journalistes.

M. Juncker a également déclaré qu’une discussion générale avait lieu au sujet de prêts plus avantageux de la part du FESF en faveur des pays qui ne bénéficient plus du financement du marché. Le FESF ajoute désormais une marge de 300 points de base pour ses prêts, en plus du taux moyen du marché.

 « Nous avons discuté en termes généraux de la question de l’abaissement du taux d’intérêt pour les pays concernés, mais nous n’avons pas évoqué ce point de manière assez détaillée pour que je puisse vous donner le résultat de ce débat », a dit M. Juncker.

De nombreux économistes et décideurs politiques pensent qu’un taux inférieur sur les prêts d’urgence aiderait les pays en difficulté à retrouver des niveaux de dettes plus viables.

Un changement décidé maintenant pour les prêts du FESF signifierait qu’on aurait très probablement des coûts d’emprunts inférieurs pour la Grèce et l’Irlande dans le cadre des programmes conclus l’année dernière, selon une source de la zone euro.

L’Allemagne ne voit pas d’urgence

L’amenuisement de la probabilité de voir un contrat permettant d’élargir le fonds de sauvetage prochainement a causé une baisse de l’euro lundi, alors qu’il avait atteint son plus haut niveau du mois, suite aux adjudications de titres de la dette par le Portugal et l’Espagne la semaine dernière.

Mardi, l’euro est tombé à 1,3250 dollar sur le marché asiatique avant de retrouver un soutien et de rebondir à 1,3315 dollar à 05 : 30 GMT.

Un sondage des spécialistes du domaine bancaire réalisé par Reuters à travers l’Europe a révélé que la plupart des décideurs politiques augmenteraient finalement la portée du FESF de 260 milliards pour atteindre 700 milliards.

Mais le ministre des finances allemand, Wolgang Schäuble, a déclaré qu’avec le soulagement apporté parles marchés obligataires, il n’y avait pas d’urgence actuellement et que le travail en cours serait prêt pour un sommet qui se tiendra à la fin du mois de mars.

La BCE a dit qu’elle avait acheté 2,3 milliards d’euros en obligations d’État la semaine dernière, son plus gros achat depuis plus d’un mois. Cela a contribué à apaiser les marchés, permettant ainsi à l’Espagne et au Portugal d’effectuer des enchères fructueuses.

Madrid a annulé une autre enchère prévue lundi et a décidé de la remplacer par une vente d’obligations à dix ans par un syndicat de banques, pour générer six milliards d’euros.

La décision pourrait aider à vendre une plus grande part de la dette si tout se passe bien, selon un analyste, bien que l’augmentation du montant accroisse légèrement les primes de risque espagnoles.

Belgique : le dernier test

La Belgique fournit mardi le dernier test concernant le sentiment des investisseurs sur la dette de la zone euro avec une émission de certificats du Trésor à trois mois et à douze mois.

Le pays est resté indemne par rapport à la cirse de la dette dans la zone euro jusqu’au mois de novembre, lorsque les craintes de contamination se sont répandues.

L’absence de gouvernement depuis sept mois nourrit les craintes des marchés quant à une paralysie politique qui minimiserait les efforts de réduction de la dette publique qui est pratiquement égale à la production économique.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV)

Après la Grèce et l'Irlande, qui ont reçu une aide de l'UE et du FMI l'année dernière pour lutter contre leurs dettes publiques et leurs déficits, le Portugal pourrait bien être le prochain pays sur la liste malgré ses efforts pour remettre de l'ordre dans ses finances publiques.

L'Allemagne, la France et d'autres pays de la zone auraient fait pression sur le Portugal pour qu'il demande une aide afin de prévenir une contamination à l'Espagne, la quatrième économie de la zone euro.

L'Allemagne et la France pensent qu'il n'est pas nécessaire d'élargir le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

« Si vous lancez cette discussion à un moment où à peine 10 % du fonds ont été utilisés […] alors vous suscitez l'inquiétude quant au fait qu'un pays doive l'utiliser », a déclaré le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, la semaine dernière.

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