L’ «effet Trump» ne mine pas la reprise économique en Europe

Pierre Moscovici [Ebs]

La Commission européenne a revu ses estimations de croissance pour l’Europe à la hausse, au vu des nettes améliorations constatées depuis les dernières prévisions, publiées quelques heures après l’élection de Donald Trump.

Si le Brexit continue à peser sur les perspectives économiques de l’UE, les conséquences de l’élection de Donald Trump pour l’économie européenne sont encore floues. Néanmoins, en dépit de l’incertitude politique, les économies européennes font preuve d’une résistance bien plus tenace que ce qui avait été prévu au mois de novembre.

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La Commission européenne prévoit à présent 1,6 % de croissance pour la zone euro, contre 1,5 % au trimestre dernier. Ce chiffre devrait légèrement augmenter à l’horizon 2018, avec 1,8 % de croissance attendue, alors que les prévisions de l’automne tablaient sur 1,7 %.

Entre-temps, la croissance de l’UE dans son ensemble devrait atteindre 1,8 % cette année, devançant l’estimation de 1,6 % établie en novembre. Au printemps dernier, avant le référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE et les élections américaines, la Commission annonçait un taux de croissance de 1,9 %. Pour 2018, elle maintient ses prévisions à 1,8 %.

Dans une interview avec Euractiv le mois dernier, Pierre Moscovici soulignait que « la reprise » était « en pleine progression au sein de l’UE ».

En faisant référence à la confiance retrouvée des investisseurs mondiaux sur le marché européen, il a également précisé que l’économie internationale « se portait mieux » et était « suffisamment résistante » pour supporter toute décision prise par la nouvelle administration américaine.

>> Lire : « L’économie mondiale peut faire face aux choix politiques des Etats-Unis »

En dépit d’un certain pessimisme régnant parmi les décideurs européens le mois dernier, les performances de l’économie européenne ont dépassé celles des États-Unis en 2016. La croissance économique dans la zone euro a en effet atteint 1,7 %, contre 1,6 % aux États-Unis.

En plus des risques politiques, les difficultés engendrées par le plan de sauvetage financier pour la Grèce et les incertitudes concernant la situation des banques italiennes pèsent sur la reprise de la croissance européenne, pourtant positive en dehors de ces cas précis.

Une situation pas si rose en Espagne

En dépit d’un taux de croissance considérable en 2016 (3,2 %), la Commission ne revoit pas pour l’instant ses prévisions de croissance à la hausse pour l’Espagne. Selon des estimations, le pays connaîtra une croissance de 2,3 % cette année et de 2,1 % en 2018. Le gouvernement prévoyait une croissance d’au minimum 2,5 % cette année afin de respecter l’objectif de déficit de 3,1 % du PIB.

La croissance, plus faible que prévu, et l’insuffisance des recettes provenant des mesures fiscales annoncées en décembre dernier devraient davantage creuser le manque à gagner fiscal. La Commission a prévu en janvier que les nouveaux ajustements aideront l’Espagne à ramener son déficit à 3,3 % du PIB en 2017 et 2,8 % en 2018. Pour l’heure cependant, l’exécutif table sur un déficit de 3,5 % cette année et de 2,9 % en 2018.

Ces chiffres représentent toutefois une nette amélioration par rapport aux estimations de l’automne, à l’issue desquelles l’exécutif prévoyait un déficit de 3,8 % du PIB en 2017 et de 3,2 % en 2018. Selon les objectifs fiscaux établis en accord avec les institutions européennes, l’Espagne devrait atteindre un déficit de 3,1% du PIB cette année et de 2,2 % l’année prochaine.

>> Lire : Tsipras: «la croissance ne crée pas de déficit»

 

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