Giscard pense qu’un Grexit ne serait pas un échec pour l’UE

Valéry Giscard d’Estaing

L’ancien président estime dans une interview aux Echos que la Grèce devrait dévaluer sa monnaie pour gagner en compétitivité. Et donc sortir de l’euro puisque celà n’est pas possible autrement.

L’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, qui était au pouvoir juste avant que la Grèce entre dans l’euro, a déclaré dans une interview publiée par les Echos qu’une sortie de l’euro serait une meilleure solution pour la Grèce.

« La question fondamentale est de savoir si l’économie grecque peut repartir et prospérer avec une monnaie aussi forte que l’euro. La réponse est clairement négative », précise-t-il. « La Grèce a besoin de se donner la possibilité de dévaluer sa monnaie. Si elle ne le faisait pas, sa situation s’aggraverait et déboucherait sur une crise encore plus sévère », ajoute-t-il.

Valéry Giscard d’Estaing estime qu’« une sortie dans un esprit amical » de la monnaie européenne est possible, qui permettrait « un éventuel retour, plus tard ».

« L’entrée de la Grèce dans l’euro en 2001 fut une erreur évidente », poursuit-il. « J’étais contre à l’époque et je l’ai dit. Les Allemands étaient contre eux aussi. Ils l’ont acceptée parce que d’autres, notamment la France, ont insisté en ce sens. »

Evoquer un échec de l’UE serait absurde

L’ancien président précise que la Grèce pourrait sortir de l’euro pour pouvoir dévaluer sa monnaie, tout en restant dans l’UE, à l’instar de la Suède, du Royaume-Uni ou de la République tchèque.

« La proposition implicite du nouveau gouvernement grec suppose une dévaluation de la monnaie. Tout simplement parce que le programme sur lequel il a été élu est irréalisable avec une monnaie forte. La production de la Grèce ne peut redevenir compétitive avec le niveau actuel de l’euro. Par conséquent, elle n’est pas en mesure d’appliquer son programme économique, notamment la hausse du salaire minimum et l’extension des avantages sociaux.

« Il est absurde de dire qu’il s’agirait d’un échec de l’Europe. La Grèce a toute sa place dans l’Union européenne. En quittant l’usage de l’euro, elle ne ferait que rejoindre des pays comme le Royaume-Uni, la Suède, la République tchèque etc. qui ne l’ont pas adopté. Mieux : cette sortie lui permettrait de préparer un éventuel retour, plus tard. Ce processus de sortie ordonnée doit et peut se dérouler de manière non conflictuelle, dans l’intérêt mutuel de chacun. C’est ce que j’appellerais une « friendly exit », une sortie dans un esprit amical. La Grèce a besoin de se donner la possibilité de dévaluer sa monnaie. Si elle ne le faisait pas, sa situation s’aggraverait et déboucherait sur une crise encore plus sévère » assure l’ancien président âgé de 89 ans.

 

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