Grèce : l’adoption de nouvelles mesures d’austérité à marche forcée

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Sur fond de cataclysme social, le Parlement grec a consenti de nouveaux efforts de rigueur imposés par la troïka pour obtenir un second plan d’aide de 130 milliards d’euros.

Dans un climat d’insurrection, sur fond d’incendies, de pillages et d’affrontements entre émeutiers et forces de l’ordre, le Parlement grec a donné son feu vert, dans la nuit de dimanche à lundi 13 février, aux 3,3 milliards d’euros d’économies supplémentaires exigées par la troïka.

Athènes subit depuis plusieurs semaines une pression intense de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) pour donner des preuves de son engagement à poursuivre des réformes difficiles, sans quoi le pays serait livré à lui-même et ferait faillite.

Baisse de 22%

Des dizaines de milliers de Grecs étaient rassemblés devant l’enceinte du Parlement, place Syntagma, pour dénoncer cette nouvelle conditionnalité censée permettre au pays de retrouver le chemin de la compétitivité. De nouvelles suppressions d’emplois dans la fonction publique sont prévues ainsi qu’une baisse de 22% du salaire minimum et des pensions de retraite.

Mais ces mesures ont un goût amer pour la population qui estime qu’elle aura pour seul effet de l’appauvrir encore davantage. Des cinémas, des commerces, des agences bancaires ont été incendiés lors d’affrontements entre émeutiers et forces de l’ordre, tandis que des violences étaient signalées dans plusieurs autres villes du pays.

Programme « complet et crédible »

« Nous avons devant nous un programme économique complet et crédible pour sortir de la crise économique et budgétaire » a estimé le premier ministre Lucas Papademos. Sa mise en œuvre reste cependant incertaine, étant donné l’échec du programme précédent constaté par le chef de la mission du FMI à Athènes lui-même.

Dans un article du Figaro, début février, Poul Thomsen avait fait son « mea culpa » en admettant que les mesures imposées en contrepartie du premier plan de sauvetage de 110 milliards d’euros avaient asphyxié l’économie grecque.

Députés exclus

Reconnaissant l’ampleur des efforts demandés aux citoyens, le premier ministre grec a toutefois dénoncé les actes de vandalisme et de violence qui, selon lui, « n’ont pas leur place dans un pays démocratique ».

Une notion somme toute relative car si 199 députés sur 300 ont approuvé le texte, les 43 élus du Pasok (socialiste) et de Nouvelle Démocratie (conservateur) qui n’ont pas respecté les consignes de leurs partis ont été exclus sur le champ de leurs formations.

Peu avant le vote, le premier ministre avait prévenu les députés qu’ils commettraient une grave erreur s’ils n’approuvaient pas ce nouveau train de mesures, qui représente à ses yeux un moindre mal par rapport aux conséquences éventuelles d’une faillite.

« Puits sans fond »

Interrogé au sujet de la Grèce par le Welt am Sonntag, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré : « Il est important de dire (que la dette) ne peut être un puits sans fond. C’est pourquoi les Grecs vont finalement devoir obstruer ce puits. Alors, nous pourrons y mettre quelque chose ». Le pays « doit faire ses devoirs (pour devenir compétitif) que cela passe par un nouveau plan de sauvetage ou par une autre voie que nous ne souhaitons pas prendre », a-t-il ajouté en allusion à une sortie de la zone euro.

Le second plan d’aide ayant obtenu l’aval du Parlement grec, les ministres des Finances de la zone euro doivent l’approuver à leur tour, mercredi 15 février.  

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