Les Verts imaginent des ressources propres écologiques pour l’UE

La Commission voudrait que les autorités européennes déterminent ce qui constitue vraiment un investissement "durable". [Shutterstock]

Les eurodéputés écologistes ont présenté un rapport alternatif sur les « ressources propres vertes » de l’UE, court-circuitant ainsi les travaux du groupe Monti sur le futur financement de budget européen.

Les Verts ont publié le 6 décembre un rapport de 100 pages, promouvant l’introduction de ressources propres écologiques pour rendre le budget européen plus indépendant des contributions des États membres.

Les Verts avaient déjà voté contre le dernier budget à long terme, pour la période 2014-2020, et aussi contre celui qui le précédait. Leurs arguments : le niveau du budget est trop faible, le cadre n’est pas assez souple et pas assez écologique.

L’eurodéputée Helga Trüpel (Allemagne) qui a coorganisé la présentation du rapport aux côtés de son collègue Ernest Margall (Espagne) a déclaré que son groupe politique avait chargé Green Budget Europe de produire une étude explorant les nouveaux moyens de taxer l’industrie et des moyens beaucoup plus écologiques de production et de taxation.

Selon elle, le principal avantage de l’initiative est qu’elle pourrait mener à une baisse d’environ 1 % du RNB que les États membres paient au budget européen, si plus de ressources propres y circulaient.

« Cela veut dire qu’au niveau politique, nous serions beaucoup plus indépendants des batailles du Conseil », a-t-elle déclaré, tout en ajoutant que ce n’était pas les institutions européennes, mais les États membres qui avaient demandé un budget européen plus faible.

« Nous avons eu un débat la semaine dernière [au Parlement européen] avec les représentants du Conseil, la présidence slovaque et la commissaire au budget. Il en est ressorti qu’il n’y a aucun soutien solide pour la question de nouvelles ressources propres. Nous pensons toutefois qu’une réforme est indispensable pour progresser sur le budget européen », a-t-elle déclaré.

Pour Constance Adolf, qui est à l’origine de ce rapport, son objectif est de « démystifier » les idées reçues sur les ressources propres écologiques. Selon elle, l’UE sera incapable de respecter ses engagements sur le climat, y compris l’accord de Paris.

« Montrez-moi ce que vous taxez et je vous dirai quels sont vos objectifs réels », a déclaré Constance Adolf, qui estime qu’au lieu de taxer lourdement le travail, il vaudrait mieux taxer les ressources et les émissions.

Lorsqu’EURACTIV lui a demandé si des taxes écologiques rendraient les produits européens non compétitifs à l’échelle mondiale, elle a répondu qu’au contraire, l’expérience de la taxe danoise sur le COavait permis au pays de maintenir sa place en tant que pays les plus compétitifs et les plus efficaces au niveau énergétique du monde.

« La Suède, qui a une taxe carbone de 186 € par tonne de COest fortement compétitive », a-t-elle assuré, ajoutant que les pays scandinaves étaient un bon exemple de taxes élevées allant de pair avec un État providence à faibles émissions de carbone et une économie compétitive.

L’autre option était de ne rien faire, a-t-elle expliqué, de ne pas faire d’efforts pour la décarbonisation, ce qui, selon elle, revient à « attendre la catastrophe ».

Le rapport reconnaît néanmoins qu’une stratégie de communication est nécessaire pour surmonter les doutes quant à l’introduction de ressources propres écologiques.

Travail du groupe Monti

Parallèlement, le groupe de haut niveau sur les ressources propres, plus connu sous le nom de « groupe Monti », du nom de son président, a tenu sa dernière réunion le 5 décembre.

Ce groupe, qui comprend de hauts responsables du PPE, du S&D et de l’ALDE, a été mis sur pied en février 2014 et chargé de produire un rapport d’ici fin 2016, qui doit servir de base pour les propositions législatives de la Commission pour le budget à long terme de l’UE de 2021 à 2027..

>> Lire : Le financement du budget européen remis à plat

Ayant publié leurs propositions avant celle du groupe Monti, les Verts ont déclaré qu’avec ce rapport, ils transmettaient au groupe Monti « pas seulement une rhétorique, pas seulement une philosophie, mais surtout du savoir », a détaillé Ernest Margall. Il a aussi ajouté que selon ses informations, le groupe Monti avait quelques idées concernant la taxation du carbone.

« Le groupe Monti n’est pas notre ennemi », a rappelé Helga Trüpel, ajoutant que les véritables controverses étaient au niveau du Conseil, une autre grande question étant de savoir si le futur commissaire au budget « comprendra qu’il faut avancer sur le sujet ».

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