Hollande plaide pour davantage d’investissements français en Grèce

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La coopération administrative pour aider la Grèce à se réformer sera aussi poursuivie.

C’est en « ami » que François Hollande a été accueilli, mardi 19 février, par le Premier ministre grec. Antonis Samaras n’a eu de cesse de répéter à quel point les liens privilégiés entre la France et la Grèce étaient importants pour son pays.

Participer aux privatisations

« Aujourd’hui, le peuple grec souffre, rencontre des épreuves dues à un difficile programme de changement structurel et d’ajustement budgétaire. Mais, une fois de plus, la France se bat à nos côtés pour plus de solidarité au sein de l’Europe », a-t-il déclaré en rappelant que c’était grâce aux pressions françaises que son pays avait adhéré à l’Union européenne en 1981.

Le président de la République s’est lui-même présenté en défenseur de la cause grecque. « Je suis ici comme le président d’un pays qui a voulu que la Grèce reste dans la zone euro », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse commune avec M. Samaras.

Insistant sur les décisions prises en Europe depuis juin 2012, à l’instar du pacte de croissance de 120 milliards d’euros, le chef de l’Etat français s’est fait le chantre de la relance. « C’est la confiance qui permettra de rétablir la croissance », a-t-il à nouveau indiqué. 

« Aucun peuple en Europe n’a subi une telle épreuve », a ajouté M. Hollande. La Grèce est entrée dans sa sixième année consécutive de récession et le taux de chômage atteint désormais 27%. 

Le président français a invité les entreprises hexagonales à participer au mouvement de privatisation en Grèce, dans l’énergie, l’eau et les transports ferroviaires.

« Les entreprises françaises seront prêtes à répondre aux appels d’offres », a-t-il assuré.

Location de frégates

Pour répondre au manque de liquidité des entreprises helléniques, la Caisse des dépotés pourrait contribuer à des investissements dans le pays, à déclaré le Président français. Mais l’opération reste à finaliser. 

La France aide parallèlement le pays à moderniser son administration, et à créer un cadastre. Un objectif ancien des autorités européennes qui n’est jamais devenu réalité malgré les importants fonds versés à la Grèce pour y parvenir.

Cette visite officielle a aussi été l’occasion d’officialiser la location à la marine de guerre grecque de deux frégates françaises, « à bas prix ». Avant la crise, la Grèce négociait l’achat de six navires pour un total de 2,5 milliards d’euros. Les coupes budgétaires en ont eu raison.

Centre politique

Prié de dire si l’entente affichée avec François Hollande contrebalançait le rapport difficile avec Angela Merkel, Antonis Samaras s’est fait diplomate. « L’Europe, ça ne veut pas dire choisir. L’Europe, ça veut dire unir, l’Europe ça veut dire composer, faire une synthèse », a déclaré le Premier ministre. 

Lors de la visite de la chancelière allemande à Athènes en octobre, des manifestations hostiles s’étaient déroulées dans tout le pays.

« Ces relations ne sont pas du tout en concurrence », a-t-il ajouté. « Les rapports étroits entre la Grèce et l’Allemagne sont complémentaires avec nos relations avec la France. »

« C’est l’avenir de l’Europe tout entière qui est en jeu, la France constitue toujours le centre politique de l’Europe », a-t-il ajouté. Ce soutien intervient à un moment où la France peine à faire entendre sa voix en faveur d’un meilleur équilibre en Europe entre redressement budgétaire et croissance.

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