Jean-Claude Trichet s’inquiète du programme de Syriza en Grèce

Jean-Claude Trichet, l'ancien président de la Banque centrale européenne.

L’ancien président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a estimé que certains éléments du programme du parti de la gauche radicale Syriza sont « très inquiétants ». 

La situation en Grèce, où le parti de la gauche radicale Syriza pourrait arriver au pouvoir, est « très grave », mais « pas totalement dramatique », a déclaré mardi  6 janvier l’ancien président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet.

Il a jugé néanmoins rassurant que la formation en tête dans les sondages en vue des élections législatives du 25 janvier ait exprimé sa volonté de ne pas quitter la zone euro.

 « Nous avons à nouveau un problème grec qui est grave, qui est très grave, mais qui n’est pas totalement dramatique », a-t-il dit sur Europe 1, à trois semaines d’un scrutin qui inquiète les pays membres de l’euro.

>>Lire : Le débat sur la Grèce et la zone euro s’anime en Allemagne

Jean-Claude Trichet a jugé que le programme de Syriza comportait « deux éléments très inquiétants », à savoir l’effacement d’une partie de la dette de la Grèce vis-à-vis de l’Union européenne et l’arrêt des politiques d’assainissement des comptes publics.

« Ils veulent faire payer l’ensemble des contribuables européens », a-t-il estimé. « Le débat n’existe pratiquement qu’en Allemagne, mais chaque contribuable européen a payé exactement la même chose lorsqu’il a fallu faire des prêts à la Grèce (…) ce message qui est donné aux autres Européens n’est pas du tout un message convenable. 

Augmentation des coûts

Toujours selon l’ancien président de la BCE, « les coûts en Grèce, si le programme était appliqué, augmenteraient considérablement, ce qui veut dire que le chômage en Grèce augmenterait considérablement, ce qui veut dire que les Français, les Allemands et les autres Européens iraient moins en Grèce pour faire du tourisme. »

Pour lui, les efforts demandés à Athènes ne sont pas de l’austérité, mais « simplement le retour à l’équilibre », les Grecs se retrouvant « par mauvaise gestion répétée année après année depuis la création de l’euro jusqu’à fin 2009 dans une situation de déficit gigantesque ».

« Il y a un élément qui est rassurant, c’est que le parti Syriza ne veut pas quitter l’euro, car il sait bien que ce serait complètement dramatique pour la Grèce », a encore estimé Jean-Claude Trichet.

>> Lire : Le parti grec Syriza rejette l’idée d’une sortie de la zone euro

Quelle que soit la prochaine majorité, « il est clair que la Grèce devra respecter ses engagements pris vis-à-vis de ses partenaires européens. »

François Hollande rencontrera Angela Merkel dimanche 11 janvier à Strasbourg afin, notamment, d’adopter une position commune sur le dossier grec, Paris et Berlin ayant aussi appelé au respect des engagements d’Athènes.

Antonis Samaras, le premier ministre grec, a avancé de deux mois les élections présidentielles afin de dépasser l'incertitude politique qui règne. À présent, le pays pourrait cependant se trouver face à des élections parlementaires.

Le ministre des finances, Gikas Hardouvelis, a récemment déclaré que le pays rencontrerait d'importantes difficultés économiques à partir de février si le parlement ne parvenait pas à élire un président dans les jours qui viennent. Suite à cette déclaration, le parti d'opposition de gauche, Syriza, a accusé le gouvernement de faire du chantage pour gagner des électeurs.

Si les élections anticipées n'aboutissent pas à la création d'un nouveau gouvernement capable de produire un rapport sur le plan de sauvetage. Ce rapport débloquerait une aide de sept milliards d'euros, rappelle Gikas Hardouvelis, sans elle, la Grèce serait confrontée à des problèmes de financement.

Le pays doit rembourser environ 2,8 milliards d'euros de prêts au FMI d'ici la fin du mois de mars. Sa prochaine échéance financière est prévue pour les mois de juillet et d'août, quand Athènes devra rembourser plus de 5 milliards d'euros de dette supplémentaires.

Par ailleurs, la Commission européenne a annoncé son soutien à l’un des candidats, Stavros Dimas, ancien commissaire européen à l’environnement, suscitant une polémique.

>> Lire : La Commission soutient le candidat de droite à la présidentielle grecque

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