José Manuel Barroso à Athènes alors que les rumeurs vont bon train sur une éventuelle Grexit

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Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, devrait rencontrer le premier ministre grec, Antonis Samaras, à Athènes aujourd'hui (26 juillet), alors que les rumeurs vont bon train sur une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro.

 

Le porte-parole de la Commission Alejandro Ulzurrun de Asanza y Muñoz a qualifié cette visite de normale, bien que M. Barroso ait clairement d'importants messages à transmettre.

 

Quant au contenu de ces messages, il a déclaré : « M. Samaras et le président Barroso […] discuteront de la situation générale en Europe en se concentrant bien évidemment sur la Grèce. »

 

La dernière visite de M. Barroso à Athènes remonte à juin 2009. Depuis lors, 13 inspections de la Troïka (UE, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) ont été menées pour évaluer l'avancement de la situation.

 

Le voyage de M. Barroso coïncide avec une nouvelle visite de la Troïka qui doit déterminer si Athènes mérite de recevoir la prochaine tranche de paiement de son programme de sauvetage de 130 milliards d'euros. Suite à une période difficile ponctuée de plusieurs élections, les réformes ont dû être retardées.

 

Rien n'a été fait depuis des mois 

 

« La situation ne fait qu'empirer, tout comme le ratio dette/PIB », a expliqué un fonctionnaire de l'UE, cité par Reuters. « Rien n'a été fait en Grèce depuis trois ou quatre mois », a-t-il ajouté.

 

La Grèce n'a respecté qu'environ un tiers des 300 étapes spécifiques qui lui ont été imposées pour les réformes budgétaires et structurelles détaillées dans le second programme de renflouement, a rapporté le Financial Times.

 

Sans progrès significatif, la Grèce pourrait ne pas recevoir la tranche finale de son renflouement, d'une valeur de 31,5 milliards d'euros, et pourrait ne pas pouvoir payer ses fonctionnaires.

 

La Commission a fait savoir qu'elle n'attendait pas de décision sur la prochaine tranche avant le mois de septembre.

 

La Troïka devrait arriver à la conclusion qu'Athènes ne peut pas rembourser ce qu'elle doit, ce qui impliquerait une nouvelle restructuration de sa dette.

 

La nouvelle décote pourrait cette fois-ci frapper le secteur public. En théorie, la BCE et les gouvernements de la zone euro devraient être touchés en raison des 200 milliards d'euros de dette souveraine grecque qu'ils possèdent si Athènes devait être remise sur le chemin de la soutenabilité.

 

Mais dans la pratique, les Etats membres et la BCE ne prévoient pour l'instant pas de prendre des mesures si drastiques.

 

Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a récemment été cité comme évoquant l'éventualité que la Grèce quitte la zone euro, mais il a rapidement démenti ces propos. La Troïka a demandé à la Grèce de mener un programme de privatisation de grande ampleur, mais ce genre de déclarations ne risquent pas d'encourager les investisseurs potentiels.

 

Austérité

 

M. Samaras a annoncé que l'économie grecque pourrait se contracter de plus de 7 % cette année. Les objectifs de réduction de la dette seraient alors encore plus hors d'atteinte, mais il a promis de faire de son mieux.

 

« Le programme a certainement pris du retard, nous devons nous rattraper, et ce rapidement », a déclaré M. Samaras aux membres de son parti. « Ne nous faisons pas d'illusions, nous continuons de perdre de l'argent dans le secteur public, et cela doit cesser. »

 

Le quotidien grec Kathimerini a rapporté que les dirigeants des trois partis de la coalition au pouvoir (voir « Contexte ») se trouvaient à présent face à la tâche délicate d'approuver des réductions des dépenses de l'ordre de 11,5 milliards d'euros sur les deux prochaines années, dans l'espoir de convaincre les bailleurs de fonds du pays de verser la prochaine tranche du programme.

 

M. Samaras devrait rencontre le chef du PASOK, Evangelos Venizelos, et de la Gauche démocrate, Fotis Kouvelis, pour approuver ces mesures. En plus des économies réalisées dans divers ministères, les retraites des fonctionnaires devraient également être fortement touchées, ce qui constituera l'un des défis les plus difficiles à relever pour la coalition au pouvoir.

 

Lors de la campagne électorale qui a précédé le scrutin du 17 juin, M. Samaras avait déclaré qu'il tenterait de renégocier le renflouement avec les prêteurs internationaux, mais il est revenu sur ses propos une fois élu.

 

Le Wall Street Journal a cité le vice-président de la Commission européenne, Joaquín Almunia, affirmant que les pays de l'UE devraient se montrer prêts à soutenir la Grèce en lui allouant plus de liquidités.

Contexte

 

Nouvelle démocratie, le parti de centre-droit qui a remporté les élections de juin dernier, a formé un gouvernement de coalition avec le parti arrivé troisième, le PASOK socialiste.

 

Nouvelle démocratie a remporté 29,7 % des voix, devant le parti Syriza de la gauche radicale à 27 %. Nouvelle démocratie et le PASOK sont dans le camp des pro-renflouement.

 

Nouvelle démocratie et le PASOK ont été tour à tour au pouvoir depuis la chute du régime militaire en 1974, et ce jusqu'à l'année dernière, lors que la crise économique a forcé les deux rivaux à partager le pouvoir au sein d'un gouvernement d'unité nationale avec la tâche de sauver le pays de la faillite.

 

De nombreux Grecs tiennent les deux partis pour responsables de la quasi-faillite de leur pays qui les a forcés à conclure des accords de renflouement avec l'Union européenne et le FMI en 2010 et cette année encore.

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