José Manuel Barroso appelle à une recapitalisation bancaire coordonnée

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Dans une tentative de limiter les retombées de la crise subie par Dexia, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a répété dans plusieurs médias hier (6 octobre) qu'il était nécessaire d'injecter des fonds dans les banques de la zone euro en difficulté.

« Nous proposons que les Etats membres lancent une action coordonnée sur la recapitalisation des banques afin de les débarrasser des actifs toxiques qu'elles pourraient avoir », a déclaré M. Barroso jeudi lors d'un entretien télévisé diffusé sur YouTube.

« Personne ne s'oppose à la coordination dans un domaine aussi délicat », a-t-il ajouté aux côtés du premier ministre finlandais, Jyrki Katainen. Les deux hommes se sont rencontrés à Bruxelles pour la préparation du sommet de l'UE des 17 et 18 octobre prochains et du sommet de la zone euro qui aura lieu en parallèle.

M. Barroso a affirmé que chaque pays devrait assumer la recapitalisation de ses banques via les marchés, mais il a admis que dans certains cas, il serait possible d'en faire davantage. « Nous travaillons en étroite collaboration avec l'Autorité bancaire européenne, les Etats membres […], nous sommes prêts à proposer des idées, mais il est encore trop tôt pour les mettre sur la table », a-t-il expliqué.

M. Barroso a mentionné à plusieurs reprises l'Autorité bancaire européenne, une nouvelle agence de régulation de l'UE dont le siège se trouve à Londres et qui existe officiellement depuis le 1er janvier 2011. Elle remplace le Comité européen des superviseurs bancaires (CEBS).

L'ABE fonctionne comme un réseau d'organismes européens et nationaux qui a pour mission d'assurer la stabilité du système financier, la transparence des marchés et des produits financiers, ainsi que la protection des déposants et des investisseurs.

S'exprimant aux côtés de M. Barroso, M. Katainen a donné son avis sur la recapitalisation des banques. « Les gouvernements doivent avant toute chose encourager leurs banques à se recapitaliser elles-mêmes sur les marchés. Mais si ce n'est pas possible, les gouvernements seront responsables de leur recapitalisation », a-t-il déclaré.

« L'Europe est pleine de bonnes banques solides, mais elles souffrent du climat d'incertitude qui est en place depuis un peu trop longtemps. C'est la raison pour laquelle nous devons éviter qu'une nouvelle crise financière n'émerge de cette incertitude », a ajouté le premier ministre finlandais.

M. Barroso a précisé que des injections de liquidités étaient déjà en cours pour certaines banques suite aux tests de résistance qui ont eu lieu l'an dernier, mais que la situation sur les marchés avait changé entre temps.

Seules sept banques sur 91 ont échoué à la dernière série de tests de résistances de juillet dernier visant à mettre à l'épreuve leur capacité à résister à un déficit de capitaux, ce qui a suscité des critiques quant à la fiabilité de l'exercice. Dexia, qui s'est effondrée cette semaine sous le poids de ses actifs grecs toxiques, n'en faisait pas partie.

Interrogé sur le montant total nécessaire pour la recapitalisation des banques, M. Barroso a déclaré qu'il ne spéculerait pas sur un chiffre général.

La Banque centrale européenne a décidé hier de lancer un nouveau programme d'achat d'obligations sécurisées pour un montant de 40 milliards d'euros. Cette décision a été vue comme un signal clair que l'Europe agissait pour éviter une crise bancaire.

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