José Manuel Barroso veut que la zone euro soit représentée au FMI

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José Manuel Barroso a annoncé que la Commission européenne proposerait d'ici la fin du mois de novembre une « représentation plus consolidée » de la zone euro auprès des organisations telles que le Fonds monétaire international.

« La crise continue de montrer que la zone euro doit s'exprimer d'une seule voix au sein des institutions internationales et des forums internationaux », a déclaré M. Barroso lundi soir (7 novembre), lors d'une conférence du Parti populaire européen (PPE).

« Plus nous améliorons la gouvernance économique de la zone euro, plus nous avons besoin qu'elle soit représentée de façon efficace sur la scène internationale », a-t-il poursuivi, ajoutant que « la Commission présentera des propositions visant à donner à l'Europe une voix commune consolidée et une meilleure représentation au sein des forums internationaux et des institutions telles que le FMI ».

Les grands Etats membres sont depuis longtemps opposés à l'idée d'abandonner leurs fonctions au sein des organisations internationales, ce qui empêche l'UE ou la zone euro d'assumer un rôle de représentation extérieure.

L'UE bénéficie d'une représentation officielle dans certains forums internationaux, mais elle doit également partager ses positions avec certains Etats membres tels que la France et la Grande-Bretagne, qui conservent leurs positions nationales. Par conséquent, la zone euro ne dispose d'aucune représentation officielle, et la participation de représentants de la zone aux réunions du FMI ou aux sommets du G20 est décidée sur une base ad hoc.

Encouragé par la crise de la dette souveraine qui a empiré sous l'effet des divisions internes de l'Europe, M. Barroso se sent suffisamment en confiance pour confronter les Etats membres à la question épineuse de la représentation extérieure.

Au sein de la Commission, l'opinion prépondérante est que la représentation extérieure devrait être prise en charge par le commissaire aux affaires économiques, un poste actuellement occupé par le Finlandais Olli Rehn.

Cela soulève cependant la question de savoir comment un tel rôle se positionnerait par rapport à celui de « M. Euro » occupé depuis peu par Herman Van Rompuy.

En tout état de cause, M. Barroso devrait officiellement confirmer que le rôle du commissaire aux affaires économiques sera renforcé. Ces dernières semaines, l'idée que le commissaire à l'économie pourrait reprendre la présidence de l'Eurogroupe a fait son chemin. L’Exécutif européen a cependant écarté cette idée « de peur de perdre son pouvoir de proposition », selon un représentant de la Commission.

Un nouveau paquet de mesures économiques

La proposition relative à la représentation extérieure de la zone euro se présentera sous forme de communiqué et devrait être présentée lors de la réunion des commissaires du 23 novembre. En plus du renforcement de la représentation extérieure, la proposition de M. Barroso devrait également inclure l'idée d'une réglementation associant l'accès à des fonds de sauvetages à un système de surveillance économique supervisé par la Commission pour les Etats en difficulté.

C'est actuellement le cas de l'Italie, par exemple, même si cette surveillance est effectuée en dehors de tout cadre législatif. C'est justement ce cadre que la Commission souhaite pouvoir établir grâce à cette proposition.

Une autre réglementation, qui sera présentée dans le cadre de ce paquet, portera sur le renforcement de la surveillance budgétaire. « Cette réglementation définira une série d'étapes à suivre pour les Etats membres de la zone euro qui sont dans une procédure concernant les déficits excessifs, et des critères de contrôle des politiques budgétaires nationales », a expliqué M. Barroso.

Le paquet comprendra également une étude annuelle sur la croissance, accompagnée de suggestions quant à la politique à adopter pour augmenter la croissance et stimuler la création d'emplois au sein des Etats membres.

Enfin, la Commission publiera fin novembre la liste tant attendue des propositions pour le lancement d'euro-obligations, rebaptisées obligations de stabilité par le président de la Commission, et dont les détails ne sont pas encore connus.

« Notre livre vert sur les euro-obligations présentera une option d'émission conjointe d'obligations dans la zone euro, ainsi que des étapes de renforcement de la gouvernance économique qui devront être développées », a précisé M. Barroso.

Au fil des années, la Commission européenne soutenue par les petits Etats membres a tenté à plusieurs reprises de rationaliser la représentation européenne au niveau international.

L'article 138 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne envisage la possibilité d'une « représentation unifiée au sein des institutions financières internationales et lors de conférences ».

Le traité stipule : « Afin d'assurer la place de l'euro dans le système monétaire international, le Conseil, sur proposition de la Commission, adopte une décision établissant les positions communes concernant les questions qui revêtent un intérêt particulier pour l'union économique et monétaire au sein des institutions et des conférences financières internationales compétentes. »

Toute décision allant dans ce sens et favorable à une représentation unifiée devrait être adoptée par une majorité qualifiée des Etats membres de l'union monétaire.

 

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