L’Allemagne s’oppose toujours à une aide directe aux banques

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Berlin a une nouvelle fois contesté un point central du projet d'union bancaire dans la zone euro. Le pays réaffirme son opposition à l'utilisation du fonds d'urgence de l’UE pour venir en aide aux banques en difficulté.

Réunis à Bruxelles pour discuter du mécanisme de résolution des crises, les ministres des Finances ont été témoins du durcissement des positions de leur collègue allemand. Wolfgang Schäuble s'est prononcé contre le recours au Mécanisme européen de stabilité (MES) pour renflouer des établissements en perdition, selon des sources proches des discussions.

Les ministres s'évertuent à trouver la marche à suivre avant les bilans de santé des banques, prévus par la Banque centrale européenne (BCE) au cours de la deuxième partie de 2014. Ces tests risquent fort de mettre à jour de nouveaux problèmes au sein de certains établissements.

Divergences franco-allemandes

Mais des divergences profondes sont apparues entre la France, qui réclame un filet de sécurité européenne, et l'Allemagne, qui redoute de devoir supporter l'essentiel du poids du sauvetage des banques si elles peuvent solliciter directement le MES.

Bon nombre de pays considèrent un mécanisme européen de résolution de crises comme un fondement essentiel au projet d'union bancaire. L'Italie et l'Espagne sont sur la même ligne que la France.

« La France continue d'être d’avis […] que nous ne devons pas exclure, comme dernier recours, une recapitalisation directe par le Mécanisme européen de stabilité », avait déclaré Pierre Moscovici, ministre français des Finances, avant le début de la réunion.

S'exprimant à quelques mètres de son collègue français, Wolfgang Schäuble tenait toutefois un tout autre discours.

« La législation allemande exclut pour l'instant une telle possibilité », a-t-il indiqué, reprenant le même argument avancé vers la mi-octobre. Les ministres des Finances de l’UE s'étaient alors mis d'accord sur l'organisation de la supervision des banques dans la zone euro.

« C'est une position bien connue, mais je ne suis pas sûr que tout le monde l'a bien enregistrée », a ajouté Wolfgang Schäuble.

Selon des personnes proches des discussions, Pierre Moscovici et Wolfgang Schäuble se sont à nouveau opposés sur le sujet, le second exigeant la suppression de toute référence à l'aide du MES aux banques dans le communiqué des ministres.

Pierre Moscovici, soutenu par le ministre espagnol de l'Économie, Luis de Guindos, a plaidé pour que ce communiqué, qui doit être publié aujourd’hui, contienne une telle référence. 

Lors d'un sommet en octobre 2012, les dirigeants de l'UE ont convenu d'un programme pour achever l'union bancaire européenne d'ici janvier 2014, après les élections législatives en Allemagne.

Angela Merkel a fait cette concession, privilégiant la « qualité » à la « rapidité » pour mettre en place le nouveau système de contrôle, perçu comme la pierre angulaire des efforts de l'UE en vue de mettre fin à la crise de la dette souveraine de la zone euro.

>> Lire : L’accord du sommet européen vise à achever l’union bancaire en 2014

Les ministres des Finances ont franchi une nouvelle étape importante en juin en concluant un accord sur l'union bancaire. Le compromis obligerait les investisseurs et les riches épargnants à partager les coûts des futures faillites bancaires, c'est-à-dire une « recapitalisation interne ». Objectif : protéger les contribuables des renflouements bancaires impopulaires.

La Commission européenne a ensuite présenté de nouvelles propositions en juillet visant à achever l'union bancaire. Elle souhaite établir une autorité unique de la zone euro dans le but de mettre un terme à la faillite des banques. Cette décision ne plaît pas du tout à l'Allemagne.

>> Lire : La Commission veut gérer elle-même les faillites de banques

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