L’Eurogroupe rejette la proposition française de réduire la TVA sur les carburants [FR]

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Les ministres européens des Finances des 15 pays de l’Eurogroupe ont décidé hier, 2 juin, que la proposition française visant à réduire les taxes apporterait la mauvaise réponse pour faire face à la flambée des prix du pétrole. Cette proposition favoriserait d’autres réactions, comme décourager la spéculation, et sera davantage débattue lors du prochain sommet les 19 et 20 juin prochains.

La hausse des prix du pétrole et les taux records d’inflation étaient les questions dominantes lors de la réunion des ministres, venus exceptionnellement à Frankfort pour célébrer le 10ème anniversaire de la Banque centrale européenne (BCE).

Alors que le président de la Commission José Manuel Barroso a salué le rôle de la BCE comme garant de la stabilité des prix, les ministres travaillaient sur les moyens de réduire l’inflation revenue au taux record de 3,6% en mai après une baisse au mois d’avril, d’après les derniers chiffres de l’Eurostat.

Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe des ministres des Finances, a déclaré : « Ça m’inquiète beaucoup parce que ce sont ceux qui ont le moins de ressources qui sont le plus pénalisés par cette inflation qui perdure à un niveau relativement très élevé », tout en insistant sur la nécessité de trouver des solutions pour remédier à ce problème.

M. Juncker a rejeté l’idée française d’un allègement fiscal pour surmonter ce problème, mais il a reconnu que le président français avait mis en évidence un véritable problème en faisant cette suggestion.

Faisant écho à M. Juncker, à la suite de la réunion le ministre espagnol des Finances Pedro Solbes a déclaré : si nous voulons réduire le niveau de consommation et se montrer plus efficace, réduire les taxes n’est pas une bonne idée.

Le ministre néerlandais des Finances, Wouter Bos, s’est rallié aux critiques en affirmant que selon lui, la France a déjà rencontré quelques problèmes en remettant de l’ordre dans son budget. Il estime donc que réduire les taxes ne réglerait pas nécessairement leurs difficultés.

Elargir les écarts budgétaires au sein de la zone euro était en effet l’autre principale source d’inquiétudes abordée par les ministres, M. Juncker appelant à un équilibre des budgets d’ici 2012 au plus tard.

En avril 2007, les ministres des Finances de la zone euro s’étaient engagés à réduire leurs déficits budgétaires à zéro d’ici 2010 dans la mesure où les conditions économiques permettaient une discipline budgétaire plus stricte.

M. Juncker a averti que l’échéance de 2012 doit absolument être respectée et que le respect de cette date-butoir ne dépend en aucun cas du cycle économique.

Le président français Nicolas Sarkozy a clairement fait savoir que Paris n’atteindrait probablement pas l’objectif avant 2012, alors que l’Italie, pour sa part, s’est engagée à régler la situation d’ici 2011 au plus tard.

Après un déficit de 2,7% l’année dernière, le déficit français devrait augmenter à 2,9% du produit intérieur brut (PIB) cette année, selon les prévisions d’avril de la Commission européenne. A moins que Paris prenne des mesures pour réduire les dépenses l’année prochaine, le déficit pourrait même passer à 3%, d’après les prévisions – le maximum autorisé dans le cadre des règles européennes.

M. Sarkozy s’est opposé aux prévisions de la Commission , les accusant d’être basées sur des chiffres qui n’ont jamais été vérifiés et qui ont même été remis en question.

Mais le FMI a émis des nouvelles encourageantes pour la zone euro, en admettant hier que la croissance s’était avérée solide contre toute attente, malgré la crise économique mondiale. Le Fonds a également indiqué qu’il pourrait revoir ses perspectives de croissance pour la zone de 1,4% à 1,75%.

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