L’OCDE plus optimiste que Bruxelles sur la croissance française

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La Commission européenne envisageait un repli de l'activité économique, pour 2013 alors que l'OCDE table sur une croissance de 0,3 %. Des prévisions modestes, témoins d'une "croissance plate" selon Eric Hayer, directeur de l'OFCE.

C'est une bonne nouvelle, même si elle reste modeste. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a fortement revu à la hausse sa prévision de croissance pour la France en 2013. Une annonce qui s’ajoute au début de reprise enregistré par l’INSEE au second semestre.

Dans son évaluation économique intermédiaire, l’OCDE table désormais sur un rebond de 0,3% du produit intérieur brut (PIB) pour l’année 2013. La précédente évaluation misait sur un repli de 0,3 sur la même période.

Révision optimiste

« C’est une révision importante qu’a réalisé l’OCDE, d’autant que cette dernière a été extrêmement pessimiste dans ses prévisions depuis janvier 2013. Je pense que la reprise du deuxième trimestre a surpris tout le monde et joué un rôle significatif sur cette réévaluation » affirme Eric Heyer, directeur de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE). A l’occasion de sa première estimation du produit intérieur brut (PIB) pour le deuxième trimestre 2013, l’INSEE avait annoncé un rebond inattendu de 0,5% du PIB français, après deux trimestres de repli (-0,2 %)

Reste que le nouveau pronostic de l’OCDE est le plus optimiste de toutes les prévisions officielles parues à ce jour. Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé en août sa prévision d’une contraction de 0,2% de l'économie française, avant d’une reprise de 0,8% en 2014.

La Commission européenne se montrait à peine plus confiante un peu plus tôt dans l’année, avançant un prudent repli de 0,1% du PIB. Seul le gouvernement français s’était risqué à un pronostic de croissance dès 2013, de 0,1%.

Un redémarrage incertain

Le redémarrage de l’économie française et les bonnes perspectives annoncées par l’OCDE n’ont cependant pas entamé la prudence générale des observateurs sur le potentiel de croissance de l’Hexagone et les questions sur la solidité de la reprise de l’économie française restent fortes. « De nombreux économistes pensent que le retour de la croissance en France est impossible sans réformes structurelles profondes, et pensent qu’une croissance nulle va s’installer sur le moyen terme » explique Eric Heyer.

« Il faut mettre en perspective cette révision. Compte tenu du fait que la récession a été très forte en 2012, le rebond devrait être plus rapide et plus important qu’aujourd’hui. Cette reprise timide ne va pas permettre par exemple d’inverser la courbe du chômage » reprend l’économiste.

Sortie de récession pour la zone euro

Pour la zone euro, les annonces de l’OCDE sont également encourageantes. L’organisation, qui a réévalué la croissance allemande à 0,7% (contre 0,4% avant) note que « La zone euro dans son ensemble n'est plus en récession ». Pour le Royaume-Uni la prévision remonte aussi fortement à 1,5% (contre 0,8%). La Commission européenne avait aussi été davantage pessimiste, annonçant un repli du PIB de la zone 0,4 % en 2013.

« Cette année a été une année de perdue pour la reprise » regrette Eric Heyer. « Nous sommes peut-être sortis de la phase forte de la récession mais la croissance reste plate, plombée par le choc d’austérité qu’on connu les économies européennes » conclut-il.

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