L’OFCE annonce une reprise toujours marquée par l’austérité

Les Français épargnent plus qu'ils ne consomment, comme le reste de la zone euro [shutterstock]

L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) annonce une embellie sur le front de la croissance en France dans ses perspectives économiques 2014/2015.

Les perspectives économiques 2014/2015 de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) ne sont pas optimistes sur le front de l’emploi, qui continue de souffrir des politiques d’austérité en Europe et en France. 

En zone euro, le début d’une reprise devrait être au rendez-vous. Après un recul de la croissance de 0,4 % en 2013, l’OFCE anticipe une progression du PIB de 1,3 % en 2014. Mais malgré ce signal encourageant « il faudra encore de longues années pour que la zone euro retrouve un taux de chômage d’avant la crise (7 %) », souligne l’observatoire.

Relâchement de l’austérité

En France, le constat sur le retour de la croissance tire également vers l’optimisme. « Le retour de la croissance et de la confiance sont là », relève l’OFCE. Résultat, le relâchement de l’austérité devrait permettre une croissance du PIB de 1,2 % en 2014, et de 1,6 % en 2015 dans l’Hexagone. Un changement de cap positif pour le pays dont la croissance était atone depuis 2010.

Cette amélioration du climat en France provient en partie d’un certain relâchement de l’austérité en comparaison avec les années 2012 et 2013. En effet, en France, les répercussions des mesures d’économie devraient être environ deux fois moins importantes en 2014 et 2015 qu’entre 2012 et 2013. Reste que ces mesures d’économies feront tout de même perdre au pays 0,9 point de croissance en 2014 et de 0,7 point en 2015.

Un cas qui n’est pas isolé. « La croissance des pays avancés reste diminuée par les efforts de consolidation budgétaire faits pour réduire les déficits publics », relève l’OFCE.

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Chômage persistant

Moins bonne nouvelle, cette reprise de la croissance n’aura pas d’effet immédiat sur le front du chômage. En France, le nombre de personnes en recherche d’emploi devrait augmenter légèrement jusqu’à fin 2015 pour atteindre 10,5 %.

Malgré la timide reprise, le regain de croissance dégagé par le relâchement de l’austérité devrait servir aux entreprises à restaurer une partie de leur productivité et de leurs marges, qui ont souffert pendant la période de crise.

En clair, les entreprises françaises ont finalement moins licencié que certains de leurs homologues européens, selon l’OFCE, qui estime les sureffectifs à 190.000 salariés, essentiellement dans le secteur de l’industrie. Dès lors, une reprise rapide des recrutements semble délicate.  

 « Aujourd’hui,  nous sommes dans un climat conjoncturel qui s’éclaircit, les entreprises retrouvent un niveau moyen d’activité. Mais en 2014-2015 ce climat va être miné par la politique d’austérité », précise Éric Hayer, directeur adjoint du département analyse et prévision

Avec un déficit annuel probablement supérieur à 4,1 % de son PIB pour 2013, la France est sortie des clous balisés par le traité de Maastricht. La Commission, qui avait engagé une procédure pour déficit excessif, lui a donné deux ans pour revenir à un niveau de 3 %. La dette publique frôle les 95 % du PIB. Le taux de prélèvements obligatoires à 46 % est déjà élevé. L'option qui consiste à réduire les dépenses de l'État tente d'être privilégiée via un plan d’économie de 50 milliards d’euros entre 2015 et 2017.?

Observatoire français des conjonctures économiques

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