La banque d’Angleterre met en garde la zone euro contre le « piège de la dette »

Mark Carney [bankofengland/Flickr]

Mark Carney, le Gouverneur de la Banque d’Angleterre, a exhorté la zone euro à s’orienter vers une union budgétaire et à cesser les politiques d’austérité afin de renouer avec la croissance. 

Le Gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney a critiqué la sévérité des politiques budgétaires et le manque d’avancées sur une union budgétaire, qui risquent d’enfermer la zone euro dans un « piège de la dette » menant ainsi à une autre décennie perdue.

Mark Carney a cependant salué l’audace du plan d’assouplissement quantitatif annoncé par la Banque centrale européenne, qui prévoit de racheter plus de 1 000 milliards d’euros de dettes publiques et privées de la zone euro d’ici à septembre 2016 de soutenir la croissance et de lutter contre l’inflation basse. 

>> Lire : Le rachat de dette souveraine en passe d’aboutir à la BCE

« Une croissance ralentie alourdit le poids de la dette et incite le secteur privé à réduire encore davantage ses dépenses. Une faiblesse économique persistante entrave une réelle reprise de l’économie. Les compétences et le capital se dégradent. Les travailleurs se découragent et quittent le marché du travail. Les perspectives s’éloignent et l’étau se resserre », a ajouté Mark Carney.

« L’Europe a besoin d’un plan complet et cohérent pour répondre aux attentes des citoyens, rétablir la confiance et échapper au piège de la dette », a-t-il affirmé dans son discours. « Comment ne pas arriver à la conclusion que si la zone euro était un pays, la politique budgétaire serait beaucoup plus solidaire ? ».

Une union budgétaire

La mise en place d’une union budgétaire permettrait aux pays de la zone euro de partager les risques, de transférer de l’argent pour équilibrer l’économie de la zone euro et d’accroître la compétitivité.

Selon Mark Carney, les pays qui ont de grandes réserves de liquidités (comme l’Allemagne par exemple) devraient dépenser plus afin d’aider la zone euro dans son ensemble et donc renforcer la croissance et éviter la stagnation de tout un continent. Des déclarations qui prennent le contre-pied de la politique de rigueur défendue jusqu’ici par la chancelière allemande, Angela Merkel. 

>> Lire : Pour Mélenchon, l’austérité allemande asphyxie l’Europe

De telles suggestions se sont déjà heurtées à la résistance de l’Allemagne et d’autres pays de la zone euro qui craignent de voir leurs contribuables assumer les dépenses quotidiennes d’autres pays et les sauvetages financiers exceptionnels.

Dans une interview publiée le 29 janvier, Mark Carney a pourtant expliqué qu’une union budgétaire profiterait autant à l’Allemagne qu’à d’autres membres de la zone euro.

« Les thèmes tels que la construction d’un plus grand partage des risques dans le secteur privé ainsi que dans le secteur public sont aussi essentiels pour le peuple allemand que pour tout autre peuple de la zone euro », a affirmé Mark Carney au journal Irish Times.

« Dans le système financier, le partage des risques transfrontalier a reculé. Les dirigeants européens n’osent pas encore envisager une union budgétaire dans le cadre de l’union monétaire, mais une telle timidité a un coût », rappelle-t-il.

Mark Carney a salué l'audace d'une récente annonce faite par la Banque centrale européenne qui prévoit de racheter 1 000 milliards d’euros de dettes émises par les pays membres de la zone euro d'ici à septembre 2016.

Il a néanmoins critiqué la sévérité des politiques budgétaires et le manque d'avancées sur une union budgétaire, qui risquent d'enfermer la zone euro dans un « piège de la dette » menant ainsi à une autre décennie perdue.

>> Lire : Le rachat de dette souveraine en passe d’aboutir à la BCE

« Une croissance ralentie alourdit le poids de la dette et incite le secteur privé à réduire encore davantage ses dépenses. Une faiblesse économique persistante entrave une réelle reprise de l'économie. Les compétences et le capital se dégradent. Les travailleurs se découragent et quittent le marché du travail. Les perspectives s'éloignent et l'étau se resserre », a ajouté Mark Carney.

« L'Europe a besoin d'un plan complet et cohérent pour répondre aux attentes des citoyens, rétablir la confiance et échapper au piège de la dette », a-t-il affirmé dans son discours.

« Comment ne pas arriver à la conclusion que si la zone euro était un pays, la politique budgétaire serait beaucoup plus solidaire ?

Une union budgétaire

La mise en place d'une union budgétaire permettrait aux pays de la zone euro de partager les risques, de transférer de l'argent pour équilibrer l'économie de la zone euro et d'accroître la compétitivité.

Selon Mark Carney, les pays qui ont de grandes réserves de liquidités (comme l'Allemagne par exemple) devraient dépenser plus afin d'aider la zone euro dans son ensemble et donc renforcer la croissance et éviter la stagnation de tout un continent.

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De telles suggestions se sont déjà heurtées à la résistance de l'Allemagne et d'autres pays de la zone euro qui craignent de voir leurs contribuables assumer les dépenses quotidiennes d'autres pays et les sauvetages financiers exceptionnels.

Dans une interview publiée le 29 janvier, Mark Carney a pourtant expliqué qu'une union budgétaire profiterait autant à l'Allemagne qu'à d'autres membres de la zone euro.

« Les thèmes tels que la construction d'un plus grand partage des risques dans le secteur privé ainsi que dans le secteur public sont aussi essentiels pour le peuple allemand que pour tout autre peuple de la zone euro », a affirmé Mark Carney au journal Irish Times.

« Dans le système financier, le partage des risques transfrontalier a reculé. Les dirigeants européens n'osent pas encore envisager une union budgétaire dans le cadre de l'union monétaire, mais une telle timidité a un coût », rappelle-t-il.

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