La BCE fixe le loyer de l’argent à un nouveau plancher

Mario Draghi finger_Picmonkey.jpg

Le taux de refinancement, qui est le taux directeur de la Banque Centrale européenne, a été abaissé à 0,25 % jeudi. Une décision surprise qui répond aux critiques contre l'euro fort qui se sont multipliées récemment.

La Banque centrale européenne (BCE) a ramené jeudi son principal taux directeur à 0,25%, son plus bas niveau historique, une décision inattendue qui répond au ralentissement marqué de l'inflation observé le mois dernier, nouveau signe de faiblesse de la reprise économique.

La hausse des prix dans la zone euro est tombée à 0,7% sur un an en octobre selon la première estimation publiée la semaine dernière, s'éloignant un peu plus de l'objectif que s'est fixé la BCE, à savoir un taux "inférieur à mais proche de 2%".

Des appels répétés contre l'euro fort

Plusieurs gouvernements de la région, l'italien en tête, et des chefs d'entreprise avaient plaidé ces derniers jours en faveur d'un assouplissement de la politique monétaire, en arguant notamment de la vigueur de l'euro. A commencer par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement production, sur EURACTIV.fr

>> Lire aussi : Arnaud Montebourg dénonce un euro trop fort et trop cher

Mais la plupart des économistes s'attendaient à ce que la banque centrale attende le mois prochain pour agir.

La monnaie unique est tombée sous 1,34 dollar juste après l'annonce de la décision sur les taux tandis que les Bourses européennes gagnaient du terrain et que les rendements des emprunts d'Etat de la région refluaient.

La Bourse de Paris gagnait 1,19% à 14h09 GMT et l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 1,25%.

Outre la baisse d'un quart de point du "refi", les 23 membres du Conseil des gouverneurs réunis jeudi à Francfort ont abaissé le taux de facilité de crédit à 0,75% contre 1% jusqu'à présent. Le taux de dépôt de la BCE reste inchangé à 0,0%.

"Waouh! Cela confirme à quel point la BCE a changé sous Draghi. Elle est devenue pro-active", a commenté Carsten Brzeski, économiste d'ING.

"La BCE sait qu'une baisse de taux dans le climat actuel n'aura que peu d'effet en terme de soutien à l'économie ou de lutte contre la déflation", ajoute-t-il. "De mon point de vue, cela vise à faire baisser le taux de change de l'euro."

L'inflation reste très faible

Mario Draghi, le président de la BCE, a ausi expliqué ces décisions lors d'une conférence de presse.

"Les anticipations d'inflation sur le moyen terme restent faibles, une période d'inflation très faible prolongée pourrait se produire" a constaté le président, en écartant l'utilisation d'aucun outil qui puisse permettre à l'institution d'arriver à ses fins.

"La production devrait continuer à redémarrer lentement en raison d'une amélioration progressive de la demande domestique" a ajouté le dirigeant, estimant que l'euro zone bénéficiera aussi d'une amélioration de la demande d'exportations puisque les marchés finaux sont eux-mêmes en cours d'amélioration".

Depuis juillet, la BCE déclarait qu'elle prévoyait de maintenir ses taux d'intérêt "à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas sur une période prolongée".

Outre une baisse de taux, les hypothèses sur les mesures susceptibles d'être étudiées par le Conseil des gouverneurs incluaient un nouveau prêt massif de liquidités aux banques de la zone euro, comparable aux "opérations de refinancement à plus long terme" (LTRO) lancées fin 2011 et début 2012, qui avaient permis d'injecter plus de 1.000 milliards d'euros dans le système financier.

La Banque centrale européenne avait abaissé, début mai 2013, son taux directeur à 0,5%, ce qui représente le niveau le plus faible de son histoire.

Très inquiète de l'inflation dans la zone euro, la BCE a toujours mené, depuis sa création, une politique monétaire rigoureuse qui a un impact sur le taux de change de la monnaie unique. Alors que les Etats-Unis conduisent une politique monétaire plus laxiste, l'euro a tendance a s'apprécier, ce qui pénalise les exportateurs européens.

Son taux directeur est le taux de refinancement auquel elle prête aux banques de la zone euro. Il est passé à 0,25 % le 7 novembre 2013, ce qui représente un nouveau plus-bas historique.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER