La dette publique française frôle les 2000 milliards d’euros

La dette publique française en % du PIB. Source Insee

Le déficit public s’est réduit en 2013, mais ressort plus élevé que prévu. La dette totale de la France continue de gonfler à 1925 milliards d’euros selon les critères de Maastricht.

Malgré les mesures d’austérité, le déficit public français n’a pas atteint, en 2013, l’objectif d’amaigrissement visé. L’INSEE a en effet publié, lundi 31 mars, un chiffre de 4,3 % du PIB pour l’ensemble du déficit public.

Le gouvernement français anticipait un niveau de 4,1 %, et la Commission européenne de 4,2 %. La réduction du déficit public par rapport à 2012 est réelle, puisqu’il était de 4,9 % un an auparavant.

Des recettes à la peine

Mais la décomposition des statistiques s’avère inquiétante pour l’état de l’économie. En effet, si les dépenses de l’État on ralenti, progressant de 2 % en 2013 contre +3 % en 2012, et ce conformément aux objectifs, les recettes s’avèrent en revanche inférieures aux prévisions. La progression des recettes a en effet ralenti, à +3,3 % contre +3,7 % en 2012. L’État français a en revanche bien réduit ses besoins de financements, mais les administrations publiques locales ont augmenté les leurs.

Selon le ministère du Budget, qui a publié un communiqué sur le sujet, « les mesures de rétablissement des comptes publics ont représenté un effort inédit de plus de 2,5 points de PIB, tandis que la conjoncture défavorable a pesé sur les rentrées fiscales à hauteur de plus 1,5 point de PIB.  L’exécution des dépenses, conforme à la dernière prévision, prouve la capacité du Gouvernement à tenir les objectifs de maîtrise de la dépense fixés par le Parlement », assure le gouvernement.

La dette selon Maastricht frôle les 2000 milliards d’euros

Plaidant pour une modification des critères de calcul de la dette, le ministère des Finances revient aussi sur le taux global de la dette publique rapporté au PIB.

Selon l’INSEE, il est en effet de 93,5 %, à 1925 milliards d’euros, un nouveau record historique après 1841 milliards d’euros en 2012.  Bercy soutient de son côté que le mode de calcul ne devrait pas refléter le soutien financier aux États européens comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal. Ni la contribution au mécanisme européen de stabilité, la boîte à outils mise en place pour venir au secours des banques en difficultés.

>>Lire Le Mécanisme européen de stabilité : mode d’emploi

Hors soutien financier aux États européens et financement de la capitalisation du Mécanisme européen de stabilité, le ratio de dette s’élèverait à 90,4 %. « Elle serait alors en ligne avec la prévision du gouvernement », assure le ministère de l’Economie. Rejetant donc sur l’UE la responsabilité de ce nouveau dérapage des comptes publics.

 

Contexte

La France est un des pays européens dont le déficit public excède les critères de convergence économique définis par le Traité de Maastricht, à la fois en déficit annuel et et terme de volume global de la dette. Selon le traité, le déficit public ne doit pas dépasser les 3 % du PIB, et la dette publique doit se limiter à 60 % du PIB.

Les prévisions macroéconomiques et de finances publiques actualisées pour les années 2014 à 2017 doivent être transmises, dans le cadre du programme de stabilité, au Parlement mi-avril puis à la Commission européenne avant le 30 avril.

 

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