La droite européenne divisée sur le budget 2014-2020

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Le projet de résolution sur les perspectives financières 2014-2020 de l’UE provoque des divisions au sein du Parti populaire. Certains élus refusent le terme « rejet ».

La résolution sur l’accord budgétaire 2014-2020 – validé le 9 février dernier par les chefs d’Etat et de gouvernement – est loin de faire l’unanimité au sein du groupe du Parti populaire européen dont l’UMP est membre.

Y compris les Français 

Selon le texte en préparation, dont nous avons publié les détails jeudi 7 mars, le «Parlement rejette l’accord en l’état ». Mais cette formulation déplait à bon nombre de délégations nationales qui l’ont fait savoir lors des réunions de groupe cette semaine. 

Ainsi, les députés allemands de la CDU (le parti de la chancelière allemande) sont divisés. Le rapporteur sur le budget 2014-2020, Reimer Röge, défend une position stricte vis-à-vis du Conseil avant l’ouverture des négociations.

Mais d’autres élus de son camp refusent de se mettre leur capitale à dos. Parmi eux, Herbert Reul, le chef des conservateurs allemands au Parlement, considéré comme la voix de la chancelière Merkel.

Depuis le sommet des chefs d’Etats, Berlin tente de convaincre ses troupes de voter le budget, selon plusieurs sources française et allemande. 

D’autres délégations nationales au Parlement refusent également la posture du « non mais » et prônent davantage le « oui si », dont les Français mais aussi les Polonais, les Espagnols, les Hongrois, les Roumains, les Portugais, les Lettons, les Estoniens, les Lituaniens, les Slovaques, et les Grecs, selon nos informations. 

Tractations jusqu’à lundi 

Dans une grande majorité de ces pays, des partis de droite sont au pouvoir. Il serait donc mal venu de remettre en cause un accord négocié par leurs dirigeants et présenté comme une réussite.

Ainsi, en Pologne, le Premier ministre Donal Tusk, membre du PPE, s’est réjoui du « succès » du sommet du 9 février en annonçant que Varsovie toucherait 106 milliards d’euros entre 2014 et 2020. Difficile pour les députés de se lui tourner le dos.

Une telle fébrilité au sein du plus important groupe politique du Parlement (270 élus sur 754) réduit un peu la probabilité de voir les élus rejeter l’accord à l’issue des négociations avec les Etats au mois de juin ou juillet.

Depuis le Traité de Lisbonne, l’hémicycle doit approuver les perspectives financières. Ce qui lui permet de faire valoir certains aménagements.

Pour plus de détails : « Budget : le Parlement européen menace l’équilibre de l’accord »

Chez les sociaux-démocrates (deuxième groupe en nombre, dont le PS est membre), le terme « rejet » a été approuvé lors d’une réunion du groupe politique, dans la soirée du 6 mars, y compris par les Français.

Les tractations vont se poursuivre jusqu’au lundi 11 mars, date limite de dépôts des modifications de la résolution. Les groupes politiques se réuniront mardi 12 mars au soir pour décider s’ils soutiennent ou non le texte, avant le vote prévu le 13 mars à midi. 

La Commission européenne va ensuite formaliser juridiquement l’accord du sommet européen en incluant les conditions du Parlement.

Les négociations entre les Etats et les députés européens débuteront après le 22 avril, date à laquelle les ministres des Affaires européennes des vingt-sept disposeront d’un mandat de négociation.

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