La faiblesse de l’inflation menace les efforts d’économie en France

Hollande and Sapin

François Hollande et Michel Sapin, 2011 [Shutterstock]

Le ministre de Finances, Michel Sapin, a annoncé que l’objectif de réduction de dépense pour 2015 allait être revu à la baisse faute d’inflation, alors que le risque de la déflation inquiète en zone euro.

L’objectif de réaliser 21 milliards d’euros d’économies en dépense publique en 2015 va être revu à la baisse en raison de la faiblesse de l’inflation, a déclaré mardi le ministre français des Finances, Michel Sapin, à l’AFP.

« On ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible », a-t-il dit avant la présentation des projets de budgets de l’État – le 24 septembre en conseil des ministres – et de la Sécurité sociale pour 2015.

Retrouvez: Discours de Mario Draghi à Jackson Hole sur le chômage en zone euro

?Le 1er septembre, le  Président François Hollande a reçu le président de la Banque centrale européenne. Au menu de la rencontre, l’inflation en zone euro, qui n’en finit pas de baisser atteignant les 0,3%  en août sur un an, et reste bien en deçà de l’objectif de 2% fixé par la a BCE.

Après une intervention remarqué lors de la grande réunion annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole aux Etats-Unis, où Mario Draghi avait déclaré être prêt à réajuster davantage la politique monétaire en zone euro, les expliqations du banquier central sont attendu le 4 septembre, à l’occasion de la réunion de rentrée de la BCE.  

 

Une inflation plus basse que prévu

Le gouvernement prévoyait jusqu’ici un effort de 50 milliards d’euros d’économies sur 2015-2017, dont 21 milliards en 2015, un niveau sans précédent qui consistait, selon lui, à ramener la progression de la dépense publique au rythme de l’inflation.

Or, le programme de stabilité 2014-2017 présenté au printemps dernier reposait sur des hypothèses d’inflation qui paraissent désormais trop élevées. Le programme tablait  sur une inflation de 1,2 % en 2014 et 1,5 % en 2015 –alors que l’évolution actuelle  est de 0,5 % sur les douze mois à fin juillet.

Pour le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, le député UMP Gilles Carrez, cette révision est une « manipulation ». « Ces économies, ils ne veulent pas les faire », a-t-il dit sur BFM Business.

Le président du groupe UDI de l’Assemblée, Philippe Vigier, a quant à lui estimé que cette annonce n’est « malheureusement pas une surprise ».

Pas d’effort additionnel

Michel Sapin a fait valoir que la faiblesse de l’inflation avait un impact négatif sur les recettes de l’État, mais aussi sur ses dépenses.

« L’année prochaine par exemple, là où sur une hypothèse d’inflation de 1,5 %, on faisait au-delà d’un milliard d’économies, par le seul gel de prestations, aujourd’hui ces économies sont remises en cause », a-t-il dit à l’AFP.

Il a toutefois exclu d’accentuer l’effort prévu sur la dépense publique, déclarant : « Rajouter des économies ne me paraîtrait pas adapté à la situation ».

Tout en insistant sur sa volonté de réduire les déficits publics, le gouvernement entend que le rythme de la consolidation de ses finances soit compatible avec la situation de son économie et plaide pour une réorientation des politiques européennes.

Après une stagnation de l’activité aux premier et deuxième trimestres en France, Michel Sapin a abaissé à la mi-août la prévision officielle de croissance du produit intérieur brut 2014 à 0,5 %, contre 1,0 % auparavant, et indiqué que celle de 2015 ne serait « pas très supérieure à 1,0 % ».

Il avait indiqué dans le même temps que le déficit public de la France devrait se situer au-dessus de 4 % du PIB cette année, contre 3,8 % prévu jusque-là, faisant peser un sérieux doute sur l’objectif de 3 % pour 2015 promis à l’Union européenne.

Mais le ministre des Finances avait alors confirmé l’objectif de 50 milliards d’euros d’économies sur les trois prochaines années, réparties entre l’État (18 milliards), les collectivités locales (11 milliards) et la Sécurité sociale (21 milliards).

24 septembre :  présentation des projets de budgets de l'État en conseil des ministres

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