La France demande un sommet extraordinaire de l’UE sur la crise [FR]

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Les dirigeants européens se rencontreront à Bruxelles le 7 novembre pour négocier une contribution européenne commune au sommet du G 20 qui examinera une semaine plus tard à Washington la question de la crise financière et de ses conséquences sur l’économie mondiale.

Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a appelé à une rencontre extraordinaire après avoir annoncé son intention de lancer un débat sur la « refondation du capitalisme » suite à la faillite de banques majeures aux Etats-Unis et en Europe (EURACTIV 22/10/08).

Les investisseurs espèrent que le G20 remettra sur pied le système financier international dans un contexte où l’économie se dirige vers une récession, touchant le plus sévèrement les petites entreprises (EURACTIV 15/10/08).

Alors que beaucoup de dirigeants européens apportent leur soutien à une réglementation et une supervision bancaire accrue, il reste peu clair jusqu’où l’Europe souhaite aller. Un certain nombre de capitales sont opposées à l’introduction de nouvelles règles pour réglementer les secteurs comme les hedge funds, les capitaux à risques et les secteurs dérivés. D’autres refusent simplement le principe de supervision commune des groupes financiers (EURACTIV 17/10/08).

M. Sarkozy a également suggéré d’éliminer les paradis fiscaux en dehors et au sein de l’Europe et de créer des fonds souverains européens pour protéger les entreprises européennes contre les offres étrangères. 

Toutefois, l’Europe n’a pour l’instant pas montré de véritable soutien à ces propositions. 

Le sommet de l’UE va également tenter de régler les tensions avec l’Espagne en prévision du G20. Seuls le Royaume-Uni, la France, l’Italie et l’Allemagne représenteront l’Union européenne à Washington, aux côtés des principales puissances mondiales et des économies émergentes telles que le Brésil, la Chine, l’Inde, la Russie, le Mexique, l’Arabie Saoudite et la Turquie. Le vingtième membre sera l’UE, représenté par la présidence française. 

Mais Madrid a émis de vives plaintes par rapport à son exclusion du G 20 et a lancé une offensive diplomatique  pour être invitée à Washington. D’autres pays tels que la Pologne ont également indiqué qu’ils regrettaient le fait qu’ils n’aient pas été invités. 

En effet, les quatre représentants au G 20 auront désespérément besoin d’un mandat de l’UE s’ils veulent être pris au sérieux par l’administration américaine dans le cadre de leur proposition de réviser l’ordre économique de l’après Seconde guerre mondiale, une réforme ambitieuse à laquelle ont appelé conjointement le Premier ministre britannique Gordon Brown et M. Sarkozy (EURACTIV 15/10/08).

Lors d’une conférence de presse suivant le récent sommet de l’UE du mois d’octobre, le président français M. Sarkozy a déclaré que l’Europe doit parler d’une seule voix sur la question de la crise financière. 

D’autres divergences pourraient faire surface lors des rencontres séparées des ministres européens des Finances et de l’Eurogroupe le 4 novembre. M. Sarkozy désire créer un véritable « gouvernement économique » de la zone euro et s’est porté volontaire pour diriger l’eurozone jusqu’à 2010. Mais la République tchèque, qui doit succéder à la France à la présidence de l’UE le 1er janvier 2009, s’est déjà opposée à cette idée, déclarant que « personne ne peut annuler la présidence tchèque » (EURACTIV 24/10/08).

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