La France revoit son plan de relance européen à la baisse

Le président de la République le 15 août dernier, à Mont-Faron en Provence © Présidence de la République

L’Elysée évoquait un plan de 1200 milliards d’euros en juin dernier. Pierre Moscovici et François Hollande soutiennent désormais les 300 milliards d’euros évoqués par Jean-Claude Juncker en juillet.

Le candidat au poste de commissaire pour la France, Pierre Moscovici, a détaillé ce matin sur itélé ses idées en matière économique, rappelant que « le président de la République avait demandé pour la France une responsabilité économique au sein de la Commission ».

« La France souhaite s’impliquer dans ce grand chantier de la croissance en Europe » a assuré le candidat, en insistant sur les futurs investissements qui devraient être faits pour relancer la croissance.

« Ce qui nous manque aujourd’hui c’est un moteur pour la croissance et l’emploi. Une idée pour la prochaine commission européenne qui selon moi est centrale, il faut plus d’investissement en Europe. C’est ce qui manque aujourd’hui en Europe.» 

Mais plutôt que le plan de relance français, le candidat a évoqué celui de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission. Soit « un plan de 300 milliards d’euros d’investissement sur trois ans ».

Ce chiffre est celui évoqué lors du discours d’investiture du président de la Commission, prononcé en juillet dernier au Parlement européen. Or le contenu de ce plan d’investissement concerne des dépenses déjà prévues ainsi que la mobilisation de fonds supplémentaires, notamment de la Banque européenne d’investissement, selon l’entourage du futur président.

Il n’y a donc aucun plan de relance nouveau par rapport au scénario prévu actuellement, ce qui semble limiter la portée de ce plan, qui relève surtout du discours.

300 milliards sur 3 ans contre 1200 milliards sur 5 ans

En se rangeant à l’avis du candidat du Parti populaire européen, Pierre Moscovici semble s’écarter des ambitions françaises d’un vaste plan de relance, dont l’Élysée rêvait en juin dernier.

A l’époque, un montant de 1200 milliards d’investissements sur 5 ans avait été évoqué. Un montant qui n’a pas eu tellement d’échos au niveau européen.

>>Lire aussi : La France rêve d’un New-Deal géant pour l’Europe

Mais déjà plus au Parti socialiste, où l’idée de ce plan de relance de 240 milliards par an avait séduit l’aile gauche du parti.

Le PS s’est même fendu d’un communiqué jeudi 21 août, soulignant que « l’Europe doit mener la bataille contre l’austérité et promouvoir un modèle de croissance basé sur les grands investissements: c’est le sens du plan d’investissement européen de 240 milliards d’euros par an, impulsé par la France pour réorienter l’Europe, ou de la politique énergétique communautaire.

« Il y a une erreur sur le montant » a reconnu une porte-parole du Parti socialiste.

Pour l’instant, non seulement le plan de relance français n’a pas été adopté au niveau européen, mais il n’est même plus défendu par le président et son commissaire.

Le président Hollande a en effet également indiqué jeudi 21 août dans les colonnes du Monde qu’il soutenait le plan de 300 milliards d’euros : 

« Je soutiens Jean-Claude Juncker et ses projets : le plan d’investissement de 300 milliards d’euros, la politique énergétique commune, la maîtrise de l’immigration au niveau européen et enfin une politique étrangère commune » a précisé le président.

Il a aussi donné rendez-vous aux dirigeants sociaux-démocrates à Paris, le 30 août au matin, en amont du sommet européen qui aura lieu à Bruxelles le même jour en fin de journée.

« Le problème est de savoir ce que nous voulons faire ensemble »

« Je tiendrai la semaine prochaine à Paris une réunion des sociaux-démocrates pour faire converger nos positions », a précisé le président. Mais ce serait une erreur de constituer une coalition contre une autre au sein du Conseil européen. Les problèmes ne sont pas géographiques – le Sud contre le Nord – ni politiques – les sociaux-démocrates contre les conservateurs. Le problème est de savoir ce que nous voulons faire ensemble. »

En matière d’investissement, le débat sur les montants à mobiliser n’est visiblement pas d’actualité.

Le Parti socialiste européen a fait campagne contre l’austérité pour les élections européennes. Arrivé en tête, avec une courte majorité, le Parti populaire européen se voit contraint de construire une majorité avec les sociaux-démocrates. Ce qui  suppose, dans l’idée de la gauche européenne, d’assouplir la contrainte budgétaire du Pacte de stabilité en l’interprétant de façon plus souple.

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