La France salue la baisse des taux de la BCE

Mario Draghi, président de la BCE [EP/Flickr]

La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé ses taux directeurs et annoncé un programme limité de rachats d’actifs afin de relancer l’économie de la zone euro et prévenir les risques de déflation. Des décisions saluées par la France.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi  4 septembre ramener ses taux directeurs à un niveau sans précédent, afin de prévenir une déflation et redonner des couleurs à une économie de la zone euro qui stagne.

Le taux de refinancement est ainsi ramené de 0,15% à 0,05%. Le taux de dépôt s’enfonce un peu plus en territoire négatif, passant de -0,10% à -0,20%, tandis que le taux de prêt marginal est abaissé à 0,30% contre 0,40% précédemment.

L’inflation de la zone euro a baissé à 0,3% en août, s’éloignant encore un peu plus de l’objectif que s’est assigné la banque centrale, soit un petit peu moins de 2%, ce qui accroît d’autant le risque de déflation.

Le président Mario Draghi avait déjà, lors de son discours dans le Wyoming en août aux Etats-Unis, préparé le terrain en assurant qu’il valait mieux tout faire pour lutter contre le chômage structurel, y compris supporter une légère inflation.

Programme de rachat d’actifs

Un projet de lancement d’un programme de rachats de titres adossés à des actifs et d’obligations sécurisées allant jusqu’à 500 milliards d’euros a été débattu par le conseil des gouverneurs lors de sa réunion de politique monétaire.

Le président de la BCE Mario Draghi pourrait ainsi annoncer un tel programme au cours de sa conférence de presse.

 Le programme aurait une durée de trois ans et porterait à la fois sur des titres adossés à des actifs (asset-backed securities, ABS) et des obligations sécurisées, ont précisé les sources. Le BCE n’a pas souhaité commenter ces informations.

 Les principales Bourses européennes ont grimpé après ces annonces, effaçant des pertes antérieures. L’euro a nettement reculé face au billet vert, touchant un plus bas de la journée à 1,3032 dollar. Les rendements obligataires au sein de la zone euro se sont détendus, le rendement du Bund allemand à 10 ans tombant à 0,925%.

 Lire aussi : Discours de Mario Draghi sur le chômage en zone euro

Mario Draghi avait déclaré le 22 août lors de la réunion des banquiers centraux de Jackson Hole aux Etats-Unis que les préparatifs de la BCE pour un programme de rachats d’ABS « avançaient rapidement » et que la banque centrale espérait qu’il contribuerait à accentuer l’assouplissement du crédit.

Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, avait estimé le mois dernier que les gouvernements européens devaient soutenir davantage le marché de la dette sécurisée en apportant des garanties et en lui permettant ainsi de devenir une source alternative de financements bancaires.

 Les ABS ont mauvaise presse depuis la crise financière de 2008-2009, dont ils sont en partie tenus pour responsables, ce qui a entraîné un durcissement de la réglementation qui leur est appliquée.

Paris applaudit la décision

La France a salué dans la foulée la « réactivité » de la Banque centrale européenne (BCE), qui a abaissé une nouvelle fois ses taux directeurs et annoncé un programme limité de rachats d’actifs pour tenter de redonner des couleurs à l’économie de la zone euro et prévenir les risques de déflation.

Au ministère des Finances, on déclare que cette « réactivité » est « nécessaire pour permettre à la zone euro de renouer avec plus de croissance et d’inflation ».

On ajoute « partager le point de vue du président de la BCE, Mario Draghi, lorsqu’il rappelle que la croissance dépend aussi de la politique budgétaire de la zone euro et de réformes structurelles qui soutiennent l’activité ».

Lors de la conférence de presse qui a suivi l’annonce de la baisse de taux de la BCE, à Francfort, Mario Draghi a indiqué que des politiques monétaire et budgétaire favorables à la croissance ne pouvaient avoir un impact fort sans des réformes structurelles « ambitieuses et importantes ».

>>Lire: La faiblesse de l’inflation menace les efforts d’économie en France

Alors que la France éprouve les pires difficultés à respecter ses engagements européens en matière de discipline budgétaire, le président de la BCE a déclaré que les règles communes à la zone euro prévues par le pacte de stabilité et de croissance devaient être respectées et qu’elles permettaient une certaine flexibilité.

Prié de dire s’il avait discuté des réformes structurelles annoncées par la France lors de son entretien cette semaine à l’Élysée avec François Hollande, Mario Draghi a répondu qu’il avait surtout évoqué avec le président français de la situation dans la zone euro dans son ensemble.

La Banque centrale européenne a abaissé, début mai 2013, son taux directeur à 0,5%, ce qui représentait alors le niveau le plus faible de son histoire. Très inquiète de l'inflation dans la zone euro, la BCE a toujours mené, depuis sa création, une politique monétaire rigoureuse qui a un impact sur le taux de change de la monnaie unique. Alors que les Etats-Unis conduisent une politique monétaire plus laxiste, l'euro a tendance a s'apprécier, ce qui pénalise les exportateurs européens.

Son taux directeur est le taux de refinancement auquel elle prête aux banques de la zone euro.

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