La fraude fiscale a envahi les îles grecques

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Sur de nombreuses îles, les commerçants évitent toute facture ou reçu. Le gouvernement s’est pourtant engagé à augmenter les recettes fiscales en échange d’une aide financière de l’UE.

Sur certaines îles grecques, aucune entreprise ne paie d'impôt, si l'on en croit le site d'actualité The Greek reporter.

La Grèce a certes connu une excellente saison touristique, mais les enquêtes du fisc révèlent que le gouvernement n'en profite pas, car dans plusieurs cas, les recettes ne sont pas déclarées.

Avec le soutien de la garde côtière et de la police, l'Unité de poursuite de la criminalité économique (SDOE) a enquêté sur la fraude fiscale (opération Theros 2013). Elle a mis au jour des opérations de contrebande d’alcool et de commerce clandestin, selon le journal To Vima.

Entre le 6 et le 18 août, plus de 100 équipes de la SDOE ont effectué 1 256 contrôles. D'après les résultats, 586 entreprises ont commis 5 668 violations. Les délits les plus courants consistent à ne pas donner de reçus, et à trafiquer les caisses enregistreuses.

Nul ne sait s'il y a eu des arrestations ou des poursuites, mais la SDOE a ordonné la fermeture temporaire pendant 48 heures de 13 entreprises : 3 boîtes de nuit, 4 cafés sur la plage et 6 restaurants.

La boîte de nuit Fthiotida, par exemple, utilisait deux caisses enregistreuses depuis cinq ans. Elle ne donnait aucun reçu, et ne payait donc aucune TVA.

Selon les résultats, le taux de violation moyen atteint 46,65 % dans le pays. Il est beaucoup plus élevé dans les zones les plus touristiques, comme le montre la liste suivante :

1. Amorgos – Paxos – Symi : 100 %

2. Santorin : 96,43 %

3. Evia : 85 %

4.  Rhodes : 81 %

5. Myconos – Andros : 90 %

6. Paros – Antiparos : 77,8 %

7.  Crète : 62,9 %

8. Tinos : 60 %

9. Attique : 54 %

10. Halkidiki: 34 %

La fraude fiscale et la faible collecte de l'impôt constituent un grave problème en Grèce. Ce pays criblé de dettes a fait faillite avant de recevoir une aide de 240 milliards d'euros de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international (la troïka).

En échange, la Grèce s'est engagée à réformer son système d'imposition et à accroître les recettes.

Algirdas Šemeta, commissaire européen en charge de la fiscalité, a déclaré en 2012 que la Grèce pourrait générer des recettes budgétaires qui s'élèveraient à 5 % du produit national par an. À condition de réformer son système d'imposition et de lutter contre la fraude fiscale.

>> Lire : Šemeta : La fraude fiscale coûte 5 % du PBI de la Grèce

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