La fraude fiscale coûte 5 % du PBI de la Grèce

La Grèce pourrait générer des recettes budgétaires à hauteur de 5 % du produit intérieur brut annuel si le pays réforme la perception d’impôts et lutte contre la fraude fiscale, a expliqué Algirdas Šemeta, le commissaire en charge de la fiscalité de l’UE, à un journal grec.

 

Athènes envisage des réformes l'année prochaine afin de combattre la fraude fiscale endémique alors que le pays lutte contre pour consolider ses finances publiques et atteindre un excédent budgétaire primaire, deux éléments essentiels afin de continuer à bénéficier d’un renflouement des prêteurs internationaux.

 

La zone euro a accepté jeudi (13 décembre) de fournir à la Grèce près de 50 milliards d'euros d'aide reportée depuis longtemps. Cette décision permet d'éviter un défaut de paiement catastrophique et de garantir la survie du pays au sein de la zone euro après des mois de doutes et d'agitation politique.

 

Des experts estiment qu'une économie souterraine située en dehors du système fiscal de la Grèce s'élevait à plus d'un quart du PIB en 2011, le niveau le plus élevé au sein de l'Union européenne.

 

Les propriétaires de petites entreprises grecques fournissent généralement des rapports de vente incomplets et paient moins de taxes sur la valeur ajoutée. Les indépendants tels que les plombiers et les électriciens sont souvent payés en liquide afin d'éviter les factures.

 

« Selon nos estimations à la Commission, 15 à 20 % des 53 milliards d'impôts [impayés] dus à l'État grec pourraient être perçus », a déclaré Algirdas Šemeta dans un entretien accordé au journal Kathimerini.

 

Il a indiqué que le système fiscal du pays devait être révisé avec des règles simples et facilement applicables.

 

Une loi introduite en vue de stimuler les recettes publiques devrait supprimer de nombreuses exonérations fiscales et augmenter les taux d'imposition sur les propriétés, les entreprises et les ménages avec un revenu supérieur à la moyenne. Le gouvernement envisage également une taxation des plus-values sur les obligations échangées à la Bourse d'Athènes.

 

Ces mesures devraient augmenter les recettes fiscales d'environ 2,5 milliards d'euros en 2013-2014.

 

Lors d'une conférence médicale samedi, le ministre grec des finances, Yannis Stournaras, a déclaré que le gouvernement achèverait les réformes fiscales au cours des mois prochains de sorte que tous les Grecs contribuent au sauvetage du pays.

 

Il a mentionné des données fiscales de 2011 qui révèlent que la moitié des indépendants déclarent des revenus annuels jusqu'à 5 000 euros, ce qui indique que la charge fiscale la plus importante retombe sur les salariés et les retraités.

 

M. Šemeta a expliqué au journal Kathimerini que les 27 États membres de l'Union européenne perdaient environ mille milliards d'euros par an en raison de la fraude fiscale et que la saisie d'une part des recettes fiscales perdues pourrait aider les économies européennes à se rétablir plus vite.

 

« Chaque citoyen en Europe perd environ 2 000 euros par an à cause de la fraude fiscale », a expliqué le commissaire.

 

Dans les conclusions du sommet européen de mars 2012, les États membres ont demandé à la Commission de « concevoir sans tarder des moyens concrets pour lutter contre la fraude et l'évasion fiscales, y compris en rapport avec les pays tiers, et à en rendre compte d'ici juin 2012 ».

 

La Commission a donc révisé les mesures existantes le 27 juin pour les améliorer et les renforcer.

 

L'objectif est d'adopter une approche renforcée et mieux coordonnée pour lutter contre la fraude fiscale, la planification fiscale agressive et la concurrence déloyale.

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