La Grèce espère une sortie anticipée du plan de sauvetage

Evangelos Venizelos [Foreign & Commonwealth Office/Flickr]

Les négociations avec les bailleurs ont repris. Athènes espère s’appuyer sur le rapport des inspecteurs de l’UE et du FMI pour sortir du programme d’aide international plus tôt que prévu.

Les négociations entre l’UE et le FMI et le gouvernement grec ont repris à Paris le 25 novembre. La Grèce avait fixé au 8 décembre le délai pour la remise du rapport des inspecteurs de l’UE et du FMI. Les négociations se sont cependant enlisées quand les négociateurs ont abordé le sujet du déficit budgétaire présagé pour 2015, et les inspecteurs ne sont pas retournés en Grèce ce mois-ci. Tout retard des procédures pourrait faire échouer le projet grec de sortir du programme de renflouement d’ici la fin de l’année.

Les deux parties se rencontrent à Paris afin de faire « avancer le rapport et d’examiner le cadre en place » pour l’après-renflouement, annonce un communiqué du ministère des finances grec.

Le vice-premier ministre Evangelos Venizelos a assuré qu’il était toujours question de finir le rapport d’ici le 8 décembre, jour de la prochaine réunion des ministres des finances de l’Eurogroupe et que la Troïka, l’équipe de représentants du FMI, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne, retournerait à Athènes après la rencontre de Paris.

« Nous sommes sur la bonne voie, il existe d’importantes difficultés, mais nous trouverons une solution, a-t-il affirmé face aux journalistes après un entretien avec le premier ministre, Antonis Samaras. Nous ne prendrons pas de mesures contraires aux souhaits des citoyens. Nous ne leur ferons pas défaut. »

Le gouvernement grec a misé sa survie sur la fin  anticipée du plan de sauvetage de 240 milliards d’euros, qui a engendré des mesures d’austérité extrêmement impopulaires.

Si le candidat à la présidentielle que soutient Antonis Samaras ne remporte pas la majorité en février, un scrutin anticipé sera organisé. Le premier ministre espère donc qu’une sortie du programme de renflouement lui permettra de remporter le scrutin.

Le contexte tendu des réformes et des coupes claires liées à l’austérité a cependant rendu difficile l’élaboration du rapport final, comme celle de la plupart des autres avant lui.

Le bras de fer entre Athènes et ses bailleurs au sujet du déficit de 2015 se prolonge. Ces derniers estiment que la Grèce n’atteindra pas l’objectif de 0,2 % du PIB à cause d’un nouveau plan d’amortissement destiné aux Grecs endettés auprès du gouvernement.

Jusqu’ici, le gouvernement s’est opposé aux modifications budgétaires exigées par les inspecteurs et a même présenté son budget au Parlement sans l’aval de l’UE et du FMI.

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Après deux renflouements internationaux, à hauteur de 240 milliards d'euros depuis 2010, suite au refus des prêteurs privés d'avancer encore de l'argent à Athènes, la Grèce souhaitait retourner à un financement des marchés à partir du début de l'année 2015, plutôt que l'année d'après, comme initialement prévu.

La réaction des marchés à cette possibilité, selon laquelle Athènes n'aurait plus d'assistance financière, n'a toutefois pas été positive. Les rendements obligataires à dix ans, les rendements de référence grecs, qui étaient à 5,6 % en septembre se sont élevés à 8,9 % à la fin du mois d'octobre.

Le 6 novembre, les ministres des finances de la zone euro se sont montrés favorables à une ligne de crédit de précaution pour la Grèce, un outil qui se révélera nécessaire à la fin du renflouement du pays.

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