La Grèce sera impitoyable avec les fraudeurs

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La  Grèce va serrer la vis en matière de fraude fiscale et renforcer les contrôles des sociétés offshores, explique Charis Theocharis, le secrétaire général des recettes publiques, à EURACTIV dans un entretien exclusif.

La collecte tardive de l'impôt a grimpé de 35 % par rapport à la même période l'année dernière en Grèce, a expliqué le secrétaire général des recettes publiques du pays, Charis Theocharis, citant des données de septembre 2013 sur la fraude fiscale.

Le cadre législatif existant n'a pas permis de contrôler rapidement les sociétés offshores. Seuls 40 millions d'euros ont été collectés jusqu'à présent, selon le fonctionnaire grec. Une nouvelle proposition législative a été présentée en vue d'accélérer les contrôles, ajoute-t-il.

Corruption et croissance

M. Theocharis a aussi souligné que la lutte contre la corruption n'est pas encore terminée. Le ministère réagit immédiatement lorsqu'une nouvelle affaire est portée à son attention.

« Je ne dis pas que nous avons mis fin à la corruption. Aujourd'hui encore, des personnes me contactent parce qu'on leur a demandé des pots-de-vin », explique-t-il.  « Nous réagissons immédiatement dans ce cas. »

La Grèce a besoin d'un nouveau modèle de croissance qui sera partiellement atteint grâce à des taux d'imposition stables, estime le secrétaire général.

« Le gouvernement actuel ou tout autre gouvernement ne devrait pas modifier les taux d'imposition pendant longtemps […] afin de restaurer la confiance des investisseurs et de créer un environnement économique stable », indique-t-il.

« D'un côté, nous devons collecter les impôts de manière adéquate […], et de l'autre, nous devons stimuler la croissance qui donnera espoir aux citoyens grecs. »

« La logique de l'imposition constante ne mène nulle part. Nous devons commencer à parler des rêves, des emplois et des espoirs », assure-t-il.

Les professions libérales dans le collimateur

La répartition de la charge fiscale au sein de la société grecque est devenue un sujet houleux au cours de la crise. Ce qui a déclenché un sentiment de profonde injustice.

Charis Theocharis pense que les problèmes sont toujours nombreux, mais que le nouveau régime fiscal constitue un pas vers davantage de justice, en accentuant la pression fiscale sur les professions libérales, comme les avocats et les médecins.

« Les professions libérales ont plus de marge de manœuvre et d'occasions d’échapper à l'impôt. Le nouveau régime fiscal entend donc lutter contre ce phénomène », précise-t-il.

Charis Theocharis a par ailleurs déploré les exigences incessantes de la troïka (Commission européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne). Les fonctionnaires « ne peuvent pas dormir » lors de chaque déplacement des trois prêteurs internationaux à Athènes.

« Elle demande des données de la veille pour le lendemain […] C'est pour ça que nous ne dormons plus ! » a reproché Charis Theocharis.

Il comprend que la troïka ne veut pas punir les citoyens grecs et que le gouvernement doit regagner la confiance perdue auprès des prêteurs internationaux. Il déplore toutefois les exigences déraisonnables.

« Quand vous dites, par exemple, que cette mesure peut être mise en œuvre en quatre mois et qu'elle ne l'est pas à temps, vous perdez votre crédibilité », indique le secrétaire général.

L'implication de la politique dans les « domaines techniques » constitue également un problème très important, selon lui.

« Parfois j'ai l'impression qu'au niveau technique nous avons prouvé quelque chose, mais ce n'est pas mis en œuvre parce que ce n'est pas le bon moment pour décider », explique-t-il. « Je comprends parfaitement l’orientation des négociations, mais j'aimerais conclure des accords plus rapidement au niveau technique. »

Optimisme quant à l'avenir

M. Theocharis a confiance dans la capacité de la société grecque à s'adapter aux mesures d'austérité. Il souligne que les efforts importants que les citoyens ont consentis jusqu'à présent répondent aux exigences de la troïka. « La société grecque persévérera jusqu'à ce que nous sortions de la crise », soutient-il. 

«Pour le moment, nous respectons nos obligations et nous serons encore plus impitoyables avec les fraudeurs », conclut-il. 

Les prêteurs internationaux de la Grèce ont convenu en novembre 2012 d'un paquet de mesures destinées à réduire la dette grecque de 40 milliards d'euros, soit à 124 % du produit intérieur brut d'ici 2020.

La Grèce recevra graduellement près de 43,7 milliards d'euros, car elle remplit les conditions imposées par la troïka des créanciers internationaux (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international).

Le renflouement d'Athènes se termine fin 2014.

Le pays devrait avoir besoin d'aide supplémentaire pour que son niveau d'endettement soit viable. Il a déjà reçu près de 90 % du renflouement de 240 milliards d'euros alloué pour éviter un défaut de paiement et une sortie éventuelle de la zone euro.

>> Lire : La zone euro a conclu un accord sur la dette grecque

  • Fin 2014 : fin du deuxième renflouement de la Grèce

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