La Grèce veut « un compromis honnête » avec ses créanciers

Alexis Tsipras, chef du gouvernement grec. [Crédit : [360b / Shutterstock.com]

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a déclaré lundi chercher « un compromis honnête » avec les créanciers du pays, sans être prêt à toutes les concessions et jugeant toujours nécessaire une renégociation de la dette grecque.

« Nous cherchons un compromis honnête avec nos partenaires. Mais ne vous attendez pas à ce que nous signions une reddition sans condition. C’est pourquoi nous sommes attaqués sans pitié, mais c’est la raison pour laquelle la société nous soutient », a dit le chef de la gauche radicale à la tribune du Parlement.

Le gouvernement d’Alexis Tsipras avait programmé lundi 30 mars au soir un débat au parlement pour faire le bilan du premier accord signé entre Athènes et ses créanciers le 20 février et en dresser les perspectives. La mise en œuvre de l’accord, qui prévoit la prolongation durant quatre mois du versement des prêts internationaux, impose cependant au gouvernement de fournir une nouvelle liste de réformes.

>> Lire : La liste de réformes d’Athènes reçoit un bon accueil à Bruxelles

Nouvelles réformes

Le premier ministre a affirmé avoir présenté aux institutions créancières une liste de réformes « réelles » qui feront de la Grèce un pays « moderne ». Parmi ces mesures, Tsipras a cité la lutte contre la contrebande de tabac et d’essence, les fraudes à la TVA, les vérifications sur les dépôts bancaires à l’étranger.

Il a également réitéré la nécessité d’une renégociation de l’importante dette publique du pays (177% du PIB), sans laquelle « le remboursement sera impossible ». Cette discussion avec les créanciers que sont l’UE et le FMI, « s’ouvrira en temps utile afin de parvenir en juin à un nouveau contrat de développement » pour le pays.

>> Lire : Accord à l’arrachée entre la Grèce et l’Eurogroupe

Le chef de l’exécutif a réaffirmé qu’il ne prévoyait pas de « discuter d’un nouveau mémorandum » -programme de prêts, ndlr- avec la zone euro à l’expiration du programme actuel, en juin, mais d’un « plan de développement économique » pour le pays.

La plupart des observateurs doutent de la capacité de la Grèce, exclue des marchés d’emprunts à long terme, à retrouver une autonomie de financement d’ici l’été et tablent sur un troisième programme d’aide, après ceux de 2010 et 2012.

Opposition politique

Le Premier ministre a également mis les partis d’opposition au défi de soutenir la politique de son gouvernement « pour la fin de l’austérité » tout en attaquant vigoureusement le bilan du gouvernement précédent mené par Antonis Samaras à la tête d’une coalition entre la droite et les socialistes.

Il a attaqué ses prédécesseurs pour avoir laissé un pays « au fond de l’abysse ». En réponse Antonis Samaras a fustigé les choix du gouvernement de la gauche radicale Syriza qu’il a accusé de mener le pays « au chaos ».

Selon Alexis Tsipras l’excédent primaire du budget (hors charge de la dette) pour 2014 était finalement de 0,3% du PIB et non 1,8% comme annoncé par le gouvernement Samaras.

Conçu initialement pour appeler les partis à un consensus sur la politique du gouvernement, le débat parlementaire s’est résumé à un affrontement verbal entre majorité et opposition, les uns accusant l’exécutif de renoncer à certaines de ses promesses de campagne, les autres jugeant sa stratégie vis-à-vis de l’Europe « irresponsable » et « dangereuse ».

Pour seule concession Antonis Samaras s’est dit prêt à « soutenir » le gouvernement pour réclamer auprès des créanciers la somme de 1,9 milliard d’euros correspondant aux profits réalisés par la BCE sur les obligations grecques qu’elle détient.

>> Voir : À Bruxelles, Juncker et Tsipras main dans la main

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