Le Premier ministre slovaque Robert Fico a déclaré aux membres du Parlement européen qu’avec un déficit budgétaire historiquement bas et la maîtrise de l’inflation, la Slovaquie devrait être prête à adopter l’euro d’ici 2009.
Le 3 décembre, après avoir présenté le plan de convergence de la Slovaquie à Joaquín Almunia, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, le Premier ministre Robert Fico a déclaré aux eurodéputés que la Slovaquie remplirait tous les critères nécessaires pour rejoindre la zone euro en 2009 : déficit budgétaire maîtrisé, faible inflation, taux de change stable et taux d’intérêt bas.
D’après lui, le déficit budgétaire de la Slovaquie devrait s’élever à environ 2,5 % du PIB en 2007, soit bien en dessous des 3 % fixés par l’UE. De plus, le plan devrait tirer parti de la croissance économique rapide du pays afin de réduire encore le déficit des finances publiques à 0,8 % à peine du PIB en 2010.
Même si l’inflation pourrait être un point de friction pour obtenir l’approbation de la Commission, de la Banque centrale européenne et des gouvernements de la zone euro, il a déclaré que toutes les mesures nécessaires seraient prises pour que le pays soit prêt le 1er janvier 2009.
Robert Fico a ajouté que la principale question pour la Commission européenne était de savoir si la Slovaquie sera en mesure de garder l’inflation sous contrôle. La Slovénie n’a pas donné un très bon exemple en la matière.
En effet, en 2007, lorsque la Slovénie, jusqu’à présent le seul pays européen de l’Est à avoir rejoint la zone euro, est passée à la monnaie unique, les prix à la consommation ont augmenté bien plus que prévu.
La Slovaquie, qui a maintenu l’inflation à 2 % en dessous du taux exigé par l’UE au cours des trois derniers mois, devra prouver qu’elle peut continuer sur cette voie lors de l’évaluation de sa demande de passage à l’euro en mars 2008. D’après M. Fico, la question actuellement discutée porte sur la durabilité de l’inflation et sur la garantie que la Slovaquie saura maintenir cette discipline fiscale après l’introduction de l’euro.
D’après le Premier ministre, la détermination de la Slovaquie à atteindre les critères de Maastricht pour la stabilité économique ne se heurtera aux mesures politiques pour la cohésion sociale.
Il a ajouté que la Slovaquie n’allait pas sacrifier ses citoyens pour l’euro. Il souhaite de solides programmes sociaux, notamment des investissements dans l’éducation, les soins de santé et les infrastructures, mais il s’engage à ce que cela ne se heurte pas avec la consolidation des finances publiques. Il admet pourtant la difficulté à combiner tous ces éléments.
D’après les chiffres publiés par Eurostat le 3 décembre, malgré la croissance économique de plus de 9 %, la Slovaquie enregistre encore le taux de chômage le plus élevé dans l’Union, soit 11,2%, par rapport à la moyenne des 27 Etats membres établie à 7 %.

