La zone euro « boulet » de l’économie mondiale, selon l’OFCE

L'OFCE prévoit une croissance de 1,1 % en France pour 2015 (Credit: [Pressmaster]/Shutterstock)

La zone euro peine à renouer avec la croissance et devrait entrer en récession d’ici deux ans, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques. Une situation qui en fait un véritable frein à l’économie mondiale. 

« La zone euro est un boulet » pour l’économie mondiale a affirmé Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) lors de la présentation des perspectives économiques 2014-2015, le 29 octobre. 

Selon l’expert de l’OFCE,  la zone euro agit comme un frein sur l’économie de la planète  et pourrait entrer dans « une zone de basse inflation voire de déflation dans certains pays ». Résultat, la zone euro devrait entrer en récession d’ici deux ans. Pour les économistes cette évolution est certes lente, mais quasi inévitable.

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L’Allemagne, moteur de la zone euro, devrait connaître une croissance limitée  de 1,5 % en 2015 (1,4  % prévu en 2014). L’Italie connaît elle aussi un chiffre décevant avec une année de récession. Seul l’Espagne connait une hausse avec 2,1% de prévision pour 2015 mais le taux de chômage dans le pays culmine toujours à 25%. 

Les décisions politiques remises en cause

Après un épisode de rebond en 2011, la reprise reste molle dans la zone euro. Xavier Timbeau l’explique par les choix budgétaires opérés par les Etats membres et d’un « durcissement des conditions monétaires en 2013-2014 ». En effet, même s’il les consolidations budgétaires au sein de la zone euros sont moins violente, les effets des consolidations de 2012 et 2013 pèsent encore sur la croissance.

L’observatoire se dit cependant « modérément optimiste pour 2015 » et table sur un croissance de 1,3% pour la zone euro. 

Par ailleurs, les économistes de l’OFCE sont assez sceptiques quant au projet du futur président de la Commission européenne. « Le plan d’investissement de Jean-Claude Juncker sera habillement fait de mesure déjà existante mais il n’y aura pas de réelle nouveauté », a déclaré Xavier Timbeau.

Davantage d’optimisme pour la France

L’OFCE prévoit une légère amélioration de la situation économique en France pour l’année 2015 avec une croissance de 1,1 % en 2015, contre 0,4 % en 2014. Cette évolution est due «  à l’atténuation de deux des facteurs négatifs qui ont étouffé la croissance depuis 2010: les conditions de crédit et la réduction des déficits ». De même la France devrait gagner en compétitivité à cause de la dépréciation de l’euro, mais aussi à la montée en puissance du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) », selon l’OFCE.

Cette amélioration modeste de la situation restera insuffisante pour faire baisser le chômage ou résorber significativement les déficits publics. En effet, l’observatoire prévoit un taux de chômeurs atteignant 9,8 % et un déficit public de 4,3 % en 2015.

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Enfin sur le projet de budget français 2015, Xavier Timbeau estime que sa présentation a été « assez maladroite ». Selon lui, la France fait des efforts mais certaines mesures sont contestables comme par exemple la baisse des taux d’intérêt anticipés qui ferait baisser la charge d’intérêt en 2015. « Cela ne fait pas partie de l’effort structurels qu’on réalise dans un budget », affirme l’économiste ajoutant que l’accord de la Commission sur ce projet de budget montre que tout le monde est embêté par le dossier français.

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Le déficit de la France est en train de devenir le problème numéro un de la zone euro. Alors que plusieurs pays se sont serrés la ceinture en supprimant des postes de fonctionnaires à la pelle et en réduisant les salaires, la France n'a rien fait de tout ça. Et continue d'afficher un déficit public très élevé, d'autant que l'absence de croissance pénalise les recettes fiscales.

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