La zone euro prête à renflouer Chypre au printemps

Un accord politique devrait intervenir fin mars pour prêter jusqu’à 17 milliards d’euros au pays. D’importantes modalités techniques restent à arbitrer.

Depuis près d’un an, Chypre espère un soutien financier de ses partenaires européens. L’île ne représente que 0,2% du PIB de l’UE, mais son système bancaire est plombé par la décote des actifs grecs, ses finances publiques sont en piteux état et son marché immobilier en crise depuis deux ans.

A l’issue de la réunion de l’Eurogroupe, qui s’est tenue le 4 mars, les ministres des Finances comptent « aboutir à un accord politique dans la seconde quinzaine de mars » en vue d’un plan de sauvetage, le 5e dans la zone euro. La tenue d’un audit sur la politique de lutte anti-blanchiment, finalement acceptée par Nicosie, a permis de débloquer la situation. Comme toujours, l’aide européenne sera strictement conditionnée via la rédaction d’un mémorandum. Parmi les réformes attendues, la privatisation de l’opérateur télécom et la restructuration du secteur financier de l’île sont en haut de l’agenda.

Des divisions persistent cependant sur les modalités de l’aide. Des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore la Finlande souhaitent que déposants et investisseurs dans les banques chypriotes assument des pertes, ciblant ainsi des hommes d’affaires internationaux, notamment russes.

Une perspective fermement rejetée par Nicosie, qui redoute un effet de panique lié au ‘bank-run’ (retrait massif des dépôts par les épargnants).

La participation du FMI continue elle aussi de faire débat. Berlin insiste pour que l’institution internationale contribue au plan d’aide, mais celle-ci rejette l’idée d’un sauvetage qui ne garantirait pas la « soutenabilité » de la dette chypriote. Or, avec des prêts avoisinant 17 milliards d’euros, l’endettement de l’île atteindrait 145% du PIB.

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