Le budget européen allégé de 40 milliards ?

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A un mois du sommet européen consacré au budget pour 2014-2020, la présidence chypriote s’apprête enfin à dévoiler des chiffres.

Tous les scénarios les plus noirs ont été évoqués ces derniers mois. Coupes de 100 milliards envisagée par les pays du Nord, voire de 200 milliards d’euros pour le Royaume-Uni. La France, qui évolue dans une zone grise depuis mai, évoque en coulisse un budget minimum de 960 milliards d’euros.

La proposition chypriote, si elle se confirme lundi 29 octobre, envoie un signal un peu moins alarmant. Selon des sources rapportées par l’AFP, Nicosie mise sur un allègement de 40 milliards d’euros minimum sur les 1033 milliards proposés par la Commission européenne et soutenus par le Parlement. Le budget équivalent à 1,08% du RNB européen serait ainsi ramené à 1%. Ce qui correspondrait à la position allemande. Dans ses prises de position initiales, le parlement européen voulait aller bien au-delà, tout comme le Comité des Régions, qui réclame un budget à 1,14% du RNB… Dans une lettre adressée à François Hollande le 22 octobre, le Belge Karl-Heinz Lambertz, président du groupe socialiste au sein de cette institution, appelle à préserver la politique de cohésion. Elle « n’est pas une aumône mais une condition pour le développement des collectivités territoriales par des politiques publiques », écrit-il.

Aucune politique n’échappera au coup de rabot, prévient Chypre, qui compte arracher un accord sur le budget lors du sommet européen des 22 et 23 novembre. Paris, de son côté, a toujours considéré la proposition de la Commission sur la politique agricole commune comme un minimum absolu.

Les rabais en fin de vie ?

Reste également à trancher l’épineuse question des rabais, qui met une fois de plus Londres en porte-à-faux avec ses partenaires européens. La réforme actuellement discutée de la contribution de la TVA au budget européen est susceptible de faire sauter la ristourne concédée aux Britanniques. Viscéralement attaché à ce régime de faveur obtenu sous l’ère Thatcher, David Cameron menace de poser son veto.

Les Danois répliquent par la surenchère : eux aussi réclament un rabais, dans l’espoir que cette course à l’échalote permettra d’annuler une bonne fois pour toutes le système opaque et complexe des rabais. Il profite aujourd’hui au Royaume-Uni, mais aussi à la Suède, à l’Autriche, à l’Allemagne et aux Pays-Bas, pays qui contribuent proportionnellement moins au chèque britannique. Un rabais sur le rabais, en somme.

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