Alors que les devises des petits pays ont plus que jamais la vie dure en raison de la crise financière, le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen a déclaré hier 30 octobre qu’il convoquerait un référendum sur l’adhésion du Danemark à l’Eurozone en 2011.
Participant au congrès annuel des libéraux démocrates européens à Stockholm, M. Rasmussen a confié à EURACTIV que « la crise financière a permis de constater le coût évident de la non-adhésion à l’Eurozone ».
« Les décisions prises par l’Eurogroupe ont des incidences directes sur le Danemark sans que nous n’ayons notre mot à dire », a-t-il expliqué, citant 2011 comme date possible pour un référendum sur la question.
Selon lui, la crise a notamment eu pour répercussion de forcer la Banque centrale danoise à relever ses taux d’intérêts. En début de semaine, la Banque nationale du Danemark et la Banque centrale européenne ont conclu un accord global d’échange de devises, appliquant ainsi des mesures d’urgence pour sauver la monnaie danoise.
Soutenant « résolument » le passage à l’euro, le Premier ministre danois a toutefois ajouté une touche de retenue, rappelant à ces collègues du Congrès que « cela ne peut évidemment pas se faire sans référendum ».
Lors du dernier référendum de 2000, les Danois avaient refusé d’adhérer à la monnaie unique par 53 %, préférant conserver la couronne.
De leur côté, les délégués suédois présents au congrès de l’ELDR ont estimé qu’un « oui » danois aurait un effet « boule de neige » qui pousserait d’autres pays comme la Suède voire le Royaume-Uni à adopter l’euro eux aussi.
Le cas suédois est particulièrement complexe. Sur les quatre parties du gouvernement de coalition, deux parties – le Parti du centre (Centerpartiet) et le Parti libéral (Folkpartiet-Liberalerna) – sont affiliés aux libéraux démocrates européens. Pourtant, alors que le Folkpartiet affirme ouvertement son soutien à l’euro, le Parti du centre y reste opposé.
Jan Björklund, ministre suédois de l’Education et leader du Folkpartiet, a déclaré à EURACTIV que son parti restait extrêmement enthousiaste à l’idée de rejoindre la zone euro. De son côté, le Centerpartiet a maintenu une approche « pragmatique » à l’égard de la question même si la majorité de ses membres restent opposés à l’adoption de l’euro.
Des représentants du parti, qui n’ont pas souhaité que leur nom soit dévoilé, ont affirmé que le parti pourrait revoir sa position « en cas d’affaiblissement important de la couronne suédoise ou d’adoption de la monnaie unique par le Danemark ou le Royaume-Uni ».
Cependant, il est peu probable qu’un nouveau référendum suédois sur l’euro prenne place avant la fin du mandat du gouvernement actuel en 2010.

