Le dérapage du déficit français brise la promesse faite à Bruxelles

Michel Sapin, ministre des Finances. [Parti Socialiste/Flickr]

Le déficit français va progresser en 2014, contrairement aux engagements initiaux.

Il devait reculer, promis, juré. En 2014, le déficit de la France va au contraire progresser, à 4,4 % du PIB, contre 4,1 % en 2013.

Un dérapage dû à un manque de recettes du côté de l’impôt des sociétés : la mise en place du CICE, le crédit d’impôt compétitivité emploi, a permis à de nombreuses entreprises de retarder ou de ne pas payer l’impôt sur les sociétés.

 En revanche, le gouvernement a annoncé qu’il gardait le cap de la réduction des déficits et prévoyait un recul à 4,3 % en 2015 et 3 % en 2017.

 « Nous ne demandons aucune modification des règles européennes, mais la prise en compte des réalités économiques » a affirmé Michel Sapin.

Un message qui s’adresse aujourd’hui directement à son ancien collaborateur au sein du gouvernement, Pierre Moscovici, qui a obtenu aujourd’hui le poste de commissaire aux Affaires économiques au sein de la Commission Juncker. Le Français a toutefois été placé sous la responsabilité d’un vice-président, le finlandais Katainen, connu pour son orthodoxie budgétaire.  

Croissance revue à la baisse

 Le ministre de l’Économie a aussi revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’économie française, soit à 0,4 % cette année, contre 1 % initialement prévu, puis 1 % pour 2015. L’inflation est anticipée de son côté à 0,5 % en 2014 et 0,9 % en 2015.

 Le gouvernement a néanmoins annoncé le maintien de son objectif d’économies sur la dépense publique de 21 milliards d’euros en 2015, une semaine après avoir annoncé qu’il n’y parviendrait pas.

 Économies maintenues

Le 2 septembre dernier, le ministre des Finances avait en effet estimé que cette première tranche des 50 milliards d’économies programmées sur trois ans, par rapport à la progression naturelle de la dépense, ne serait pas atteinte mais que la France s’engageait malgré tout à parvenir aux 50 milliards visés d’ici 2017.

 « On ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible », avait reconnu le ministre en réponse à une question sur le maintien d’un objectif de 21 milliards d’économies l’année prochaine.

 La BCE elle-même a reconnu le risque de déflation en s’engageant dans une nouvelle baisse des taux d’intérêt le 4 septembre. Le président de la BCE, Mario Draghi, avait évoqué le risque du chômage croissant en zone euro et les remèdes à y apporter dans un discours prononcé fin août aux Etats-Unis.

>>Lire La France salue la baisse des taux de la BCE

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